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Marché : La zone euro ne renouera pas avec la croissance avant 2013

La zone euro ne renouera pas avec la croissance avant 2013La zone euro ne renouera pas avec la croissance avant 2013

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - Les espoirs de voir la zone euro renouer avec la croissance cette année se sont évanouis et les économistes interrogés par Reuters anticipent maintenant une reprise, modeste, en 2013.

L'enquête réalisée auprès de quelque 70 experts a été effectuée avant l'annonce, mercredi, du feu vert de la Cour constitutionnelle allemande au nouveau fonds de sauvetage de la zone euro, essentiel pour surmonter la crise de la dette.

Pour autant, l'embellie sur le front économique se fera attendre. Le produit intérieur brut de la zone euro s'est contracté de 0,2% au deuxième trimestre et une baisse de même ampleur est attendue au troisième trimestre, selon l'estimation moyenne des économistes.

Ce nouveau trimestre de contraction de l'activité serait synonyme de récession pour la zone euro. Le PIB serait ensuite stable au quatrième trimestre puis progresserait de 0,2% sur les trois premiers mois de 2013.

"Il faudra attendre 2014 pour voir la croissance renouer avec son potentiel", estime Peter Vanden Houte, chef économiste pour la zone euro chez ING à Bruxelles.

La conjoncture déprimée devrait inciter la Banque centrale européenne a réduire son taux directeur à 0,5% d'ici la fin de l'année, contre 0,75% actuellement, anticipent les économistes qui, en majorité, voient cet assouplissement en octobre.

Ceux de Citigroup et JP Morgan vont plus loin encore et estiment que le taux refi pourrait être abaissé à 0,25% avant la fin 2012.

En attendant, la BCE a annoncé jeudi dernier un programme de rachat de dette souveraine à destination des pays ayant des difficultés à se refinancer. De nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif sont par ailleurs attendues de la part de Réserve fédérale américaine, dès cette semaine, puis de la Banque d'Angleterre en novembre.

OPTIMISME À MOYEN TERME

"L'action de la BCE contribue à la stabilité de la zone euro mais n'est pas la solution définitive. Les Etats membres resteront confrontés à l'austérité et à la morosité de la conjoncture", souligne Peter Vanden Houte.

C'est le cas notamment pour l'Italie et l'Espagne, troisième et quatrième économies de la zone euro, plongées toutes deux dans une grave récession.

Sur 21 économistes ayant répondu à une question additionnelle sur l'Espagne, 16 ont dit s'attendre à ce que le pays fasse appel au mécanisme mis en place par la BCE pour réduire ses coûts de financement, mais les cinq autres ont répondu par la négative.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a déclaré mercredi que Madrid continuait d'étudier les conditions qui seraient attachées à une aide, tout en ajoutant que les meilleures conditions de marché pourraient l'en dispenser.

"Le nouveau programme de rachat d'obligations souveraines de (Mario) Draghi devrait permettre de contenir les taux d'intérêt auquel les pays périphériques se refinancent mais il ne règle pas leurs problèmes de compétitivité", observe Azad Zangana, économiste chez Schroders à Londres.

Le soutien de la BCE est cependant un facteur d'optimisme à moyen terme, tout comme l'évolution des taux de change, juge Peter Vanden Houte.

"L'euro est à 10% en-dessous de son niveau d'il y a un an et cela devrait, avec un décalage, soutenir les exportations", explique-t-il.

Véronique Tison pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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