Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : La zone euro évoque pour la 1re fois un éventuel défaut grec

Marché : La zone euro évoque pour la 1re fois un éventuel défaut grec

La zone euro évoque pour la 1re fois un éventuel défaut grecLa zone euro évoque pour la 1re fois un éventuel défaut grec

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - De hauts fonctionnaires européens ont pour la première fois évoqué l'éventualité d'un défaut de la Grèce, alors que les négociations entre Athènes et ses créanciers ont une nouvelle fois calé jeudi soir, ont déclaré à Reuters plusieurs responsables de l'Union européenne (UE).

Cette nouvelle impasse des discussions survient alors qu'un terrain d'entente doit être trouvé avant le 30 juin, date de l'expiration du plan d'aide international en cours et d'une échéance de 1,6 milliard d'euros de dettes qu'Athènes doit rembourser au Fonds monétaire international (FMI).

Réunis à Bratislava tard dans la soirée de jeudi pour préparer la réunion des ministres des Finances de la zone euro du 18 juin, des représentants des gouvernements européens ont conclu que trois scénarios étaient envisageables pour la Grèce à la fin du mois.

La première option, la moins probable, est celle voyant Athènes et ses bailleurs de fonds conclure un accord sur une aide financière en contrepartie de réformes la semaine prochaine, ce qui permettrait de respecter la date butoir de la fin du mois.

La deuxième éventualité consiste en une nouvelle extension du programme d'aide actuel, qui expire également à la fin du mois.

LE TEMPS MANQUE POUR UN ACCORD

Le troisième scénario - discuté formellement pour la première fois à un tel niveau de responsabilité au sein de l'UE - correspond à un défaut de la Grèce.

La plupart des responsables sont sceptiques sur la possibilité de conclure un accord à temps pour qu'Athènes puisse recevoir les 7,2 milliards d'euros qui lui sont encore dus dans le cadre du plan d'aide prolongé pour quatre mois en février dernier.

"Il faudrait réaliser en quelques jours des progrès qui n'ont pas été possibles sur plusieurs semaines", a déclaré vendredi un haut fonctionnaire au fait du dossier.

Etant donné la faible probabilité de voir un règlement être conclu dans les temps, la prolongation du plan d'aide actuel pourrait être envisagée, faute de quoi la Grèce ne pourra pas toucher les prêts qui lui ont été accordé dans ce cadre.

Cette prolongation - de quelques semaines, jusqu'à la fin de l'année ou jusqu'à la fin mars 2016, date de fin du plan d'aide du FMI - permettrait de réserver les fonds auxquels la Grèce peut prétendre et de les mettre à sa disposition plus tard, lorsqu'un accord sur les réformes sera conclu.

Pour autant, les représentants de certains pays de la zone euro estiment qu'il faut se préparer à une troisième possibilité, celle d'un défaut de la Grèce.

"Pour la première fois, il y a eu une discussion sur un 'plan B' pour la Grèce", a précisé un autre responsable. Deux autres hauts fonctionnaires ont confirmé qu'une telle discussion avait eu lieu.

Un tel scénario contraindrait probablement Athènes à mettre en oeuvre de mesures de contrôle des capitaux et à mettre en place ne monnaie alternative

Jusqu'ici, cette possibilité n'a pas été évoquée, pas même dans des réunions à huis clos comme celle qui s'est tenue jeudi, même si certains pays, comme l'Allemagne, se sont préparés à cette éventualité.

Les discussions lors de cette réunion - purement théoriques faute de précédent dans la zone euro - n'ont abouti à aucune décision ou conclusion concrète.

(Myriam Rivet pour le service français, édité par Patrick Vignal)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...