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Marché : La volatilité des marchés menace les fusions-acquisitions

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par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - La volatilité persistante des marchés financiers sème des doutes sur la poursuite de la reprise des fusions-acquisitions en France, un rebond déjà mis à rude épreuve par la crise grecque, la catastrophe au Japon ou encore le 'printemps arabe'.

Les échecs consécutifs cette semaine des introductions en Bourse de Verallia, la filiale d'embouteillage de Saint-Gobain, et de la high-tech Inside Secure pourraient en effet entamer l'optimisme qui persiste dans le secteur des M&A.

Les données publiées par Thomson Reuters vendredi montrent que l'activité en France pour le premier semestre de 2011 a dépassé celle de 2008 pour la même période.

Cela veut dire qu'elle a retrouvé le niveau qui était le sien avant que n'éclate la crise financière en septembre 2008.

Les opérations de M&A impliquant au moins une entreprise française au premier semestre 2011 se sont élevées en valeur à un total de 90,1 milliards de dollars, contre 83,5 milliards en 2008.

Cette performance reste loin des 224,7 milliards atteints en 2006 mais atteste d'une vigueur retrouvée depuis la crise.

Cette bonne santé est illustrée notamment par l'offre publique d'achat lancée par le belge Solvay sur le chimiste Rhodia ou l'acquisition de la totalité de l'opérateur SFR par Vivendi.

La myriade de transactions dans le capital-investissement, comme la vente de Spie par PAI, la reprise de Delachaux par CVC ou la vente de Foncia par BPCE, témoigne aussi de la vigueur de l'activité.

Dans le private equity en particulier, banquiers, avocats et gérants de fonds se préparent à faire face au retour possible en France des "mega deals", ces opérations nécessitant l'investissement de plus d'un milliard d'euros de fonds propres.

AVERSE OU ÉCLAIRCIE ?

Mais l'échec coup sur coup de la mise en Bourse de Verallia et d'Inside Secure remet en question cet optimisme et laisse à penser que la fébrilité des marchés financiers pourrait faire ralentir l'activité.

"C'est sûr que pour les opérations de M&A c'est un nuage qui arrive, et nous n'avons pas la réponse à la question de savoir si ce nuage est annonciateur d'une averse ou d'une nouvelle éclaircie", juge Stéphane Bensoussan, responsable des fusions-acquisitions chez HSBC France.

"Si l'impact sur les marchés est très fort, cela pourrait conduire à ce que l'on a observé l'an dernier", ajoute-t-il, c'est-à-dire une nouvelle période où, faute de visibilité, les entreprises et les fonds d'investissement renonceraient à conduire certaines acquisitions.

"C'est une menace réelle", juge-t-il, notant que les différents acteurs économiques devront s'habituer à vivre avec cette volatilité.

Cela devrait conduire les entreprises et les fonds à profiter de toutes les fenêtres de tir disponibles pour conduire leurs opérations, analyse-t-il.

"Clairement, la volatilité sur les marchés actions et de financement constituent deux paramètres scrutés de près par les banquiers d'affaires", estime pour sa part Hubert Preschez, qui dirige l'activité M&A en France de la Société générale.

Selon lui, il n'y aura pas d'avant ou d'après Verallia car si cet échec est un mauvais signe, il ne change pas la donne pour l'activité du M&A.

"Pour moi, le report de l'IPO Verallia ne marque pas un tournant. Pour l'instant, le niveau d'activité reste important et je ne vois pas encore d'opérations annulées pour cause de volatilité sur les marchés, qui est certes élevée", indique-t-il.

Pour Jérôme Calvet, coprésident de Nomura France, "les incertitudes sur la valeur des actifs peuvent conduire à un ralentissement des opérations de fusions-acquisitions".

"Néanmoins, les grandes tendances qui sont d'une part les fusions entre sociétés de pays à faible croissance ou les acquisitions dans les zones en fort développement demeurent", explique le banquier.

Il note également que les marchés du financement fonctionnent toujours et permettent aux fonds de private equity de continuer d'investir sur des actifs de qualité.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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