Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : La récession s'accentue en espagne, où l'austérité pèse

Marché : La récession s'accentue en espagne, où l'austérité pèse

La récession s'accentue en espagne, où l'austérité pèseLa récession s'accentue en espagne, où l'austérité pèse

par Nigel Davies

MADRID (Reuters) - La récession s'est creusée en Espagne au deuxième trimestre et le recul des dépenses des ménages s'est accentué, l'austérité mise en place pour réduire le déficit public prélevant sa dîme sur la consommation intérieure.

Le produit intérieur brut a diminué de 0,4% au deuxième trimestre, comme le prédisait l'estimation flash, après avoir reculé de 0,3% au premier trimestre, ont montré les chiffres officiels publiés mardi.

Sur une base annuelle, le PIB s'est contracté de 1,3%, un chiffre plus mauvais que le recul de 1% prévu dans le consensus, après celui de 0,6% enregistré de janvier à mars.

L'Espagne a annoncé lundi avoir revu en baisse les performances économiques qu'elle a réalisées en 2010 et 2011, ce qui pourrait compliquer la sortie de la récession.

Entre un coût du financement très élevé et le peu de signes laissant entrevoir une reprise durable, le risque s'accroît de voir Madrid solliciter une aide financière extérieure.

"Avec encore plus de mesures d'austérité dans les tuyaux et un taux de chômage à un niveau astronomique, les risques tendent vers une récession prolongée", a commenté Martin van Vliet, économiste d'ING.

Il a dit s'attendre à ce que l'Espagne fasse une demande formelle d'aide financière extérieure entre la mi-septembre et octobre. Madrid a déjà négocié l'octroi d'une aide à la recapitalisation de son secteur bancaire, qui continue de payer le prix de l'éclatement de la bulle immobilière.

LE GOUVERNEMENT PARIE SUR LES EXPORTATIONS

Les chiffres publiés mardi ont montré que les exportations apportaient un certain soutien à l'économie avec une croissance de 3,3% d'un an sur l'autre d'avril à juin. Ce taux est à comparer à la baisse de 3,9% enregistrée par la demande intérieure en rythme annuel après un recul de 3,2% au premier trimestre.

Le gouvernement de Mariano Rajoy espère que les exportations vont permettre à l'économie de reprendre le chemin de la croissance, mais le ralentissement perceptible à l'échelle de la zone euro pourrait remettre en question cette hypothèse.

La défiance des Espagnols à l'égard de leur économie et de leur secteur bancaire a trouvé une nouvelle illustration mardi avec la publication par la Banque centrale européenne de statistiques montrant que les retraits s'étaient accentués au mois de juillet dans les banques espagnols.

Les dépôts ont reculé de près de 5% pour tomber à 1.509 milliards d'euros fin juillet, contre 1.583 milliards le mois précédent.

Le gouvernement espagnol pourrait toutefois retirer un motif de satisfaction de l'adjudication à court terme réalisée dans la matinée par le Trésor.

Il est en effet parvenu à adjuger 3,6 milliards de dette à trois et six mois au-dessus de la fourchette qu'il s'était fixée et avec des rendements en très nette baisse, de 0,946% pour les bons à trois mois (contre 2,434% en juillet) et de 2,026% pour les bons à six mois (contre 3,691%).

Avec Sakari Suoninen à Francfort; Nicolas Delame pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...