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Marché : La récession s'accentue en espagne, l'inquiétude monte

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par Nigel Davies et Julien Toyer

MADRID (Reuters) - La contraction de l'économie espagnole s'est accentuée au deuxième trimestre, a annoncé lundi la Banque d'Espagne alors que les marchés financiers craignent de voir Madrid solliciter à son tour une aide internationale.

Cette peur, qu'un démenti du gouvernement n'a pas suffi à apaiser, a provoqué un nouvel accès de faiblesse des Bourses européennes tandis que le rendement de la dette espagnole restait proche de son plus haut niveau depuis la naissance de l'euro.

Le produit intérieur brut (PIB) espagnol s'est contracté de 0,4% sur la période avril-juin par rapport aux trois premiers mois de l'année au cours desquels la baisse avait été de 0,3%, selon le rapport mensuel de la Banque d'Espagne.

Une semaine seulement après la présentation par le gouvernement de Mariano Rajoy d'un plan d'austérité de 65 milliards d'euros, le gouverneur adjoint de la banque centrale a jugé nécessaires de nouvelles mesures de réduction des déficits.

"(Les tensions actuelles sur les marchés) reflètent les problèmes en Espagne comme dans la zone euro", a dit Fernando Restoy, après une conférence à Madrid.

"Nous devons continuer sur la même ligne. Nous avons besoin de nouvelles coupes, de nouvelles réformes qui restaureront la confiance des marchés, et de mécanismes qui renforceront l'union monétaire."

Plusieurs médias avaient auparavant laissé entendre qu'une demi-douzaine de régions espagnoles étaient prêtes à emboîter le pas à la Communauté de Valence et à demander une aide financière.

Les 17 régions d'Espagne ont quasiment perdu tout accès aux marchés de la dette en raison de coûts de refinancement devenus prohibitifs, forçant les plus touchées à solliciter des prêts de l'Etat central pour honorer leurs échéances.

En fin de journée lundi, le rendement de l'obligation d'Etat espagnole à dix ans s'affichait à 7,522%, bien au-dessus du seuil de 7% au-delà duquel l'envolée des coûts de refinancement avait conduit l'Irlande, le Portugal et la Grèce à demander l'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Interrogé sur l'éventualité de voir Madrid recourir à une demande similaire, le ministre de l'Economie Luis de Guindos a répondu : "Absolument pas."

La Bourse de Madrid cédait 1,1% en clôture, ayant effacé dans l'après-midi une bonne partie des pertes qui l'avaient fait tomber en début de journée à son plus bas niveau depuis 2003. Les autorités boursières avaient annoncé dans l'intervalle l'interdiction pour trois mois des ventes à découvert.

BERLIN AFFICHE SA CONFIANCE

Illustration de la montée des tensions au sein de la zone euro, Luis de Guindos se rendra mardi à Berlin pour rencontrer son homologue allemand Wolfgang Schäuble.

"Nous pensons que les réformes déjà entamées en Espagne contribueront à apaiser les marchés", a déclaré à Berlin la porte-parole de Wolfgang Schäuble, ajoutant que les difficultés financières des régions n'avaient "rien à voir" avec l'aide aux banques espagnoles.

L'Allemagne ne dispose d'aucune information sur un éventuel plan d'aide à l'Etat espagnol lui-même, a précisé la porte-parole.

En récession depuis le premier trimestre, l'économie espagnole devrait continuer de se contracter sur l'ensemble de cette année et l'an prochain, selon les dernières prévisions gouvernementales.

Les mesures d'austérité annoncées ces derniers mois, censées permettre de réduire les déficits, alimentent la colère d'une partie de la population alors que le chômage frappe un actif sur quatre.

Lundi, des manifestations ont eu lieu pour le douzième jour consécutif dans les principales villes du pays, à l'appel notamment des syndicats de fonctionnaires.

Dans ses déclarations au parlement, Luis de Guindos a laissé entendre que la Banque centrale européenne, jusqu'à présent peu encline à réactiver les mesures exceptionnelles susceptibles de soutenir des Etats comme l'Espagne et l'Italie, pourrait désormais passer à l'action.

Interrogé sur la nécessité d'une telle intervention des autorités monétaires, le ministre a répondu : "Je répète que, dans cette situation d'incertitude et de volatilité excessive (...) la seule manière d'agir dépasse largement les capacités des gouvernements."

La Banque d'Espagne, elle, plaide néanmoins pour des réformes structurelles accélérées, prônant entre autres une libéralisation accrue de certains secteurs, la réduction des contraintes administratives et l'amélioration de la transparence des marchés de biens et de services.

Tangi Salaün pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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