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Marché : La récession en grèce complique les débats avec la troïka

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par Harry Papachristou et Ingrid Melander

ATHENES (Reuters) - La Grèce devrait rester engluée dans la récession l'année prochaine, ce qui complique ses efforts budgétaires alors que le pays attend toujours le versement de la prochaine tranche de l'aide internationale qui lui permettrait d'éviter la faillite.

L'économie grecque se contractera de 2,5% l'année prochaine, après un recul du produit intérieur brut (PIB) de 5,5% attendu cette année, d'après le projet de budget 2012 du pays transmis au parlement lundi.

Ces prévisions sont bien plus sombres que celles utilisées pour calculer le dernier plan de sauvetage à Athènes de 109 milliards d'euros, qui tablait sur un retour à une croissance de 0,6% l'an prochain.

Le gouvernement grec a admis dimanche qu'il manquerait cette année les objectifs de déficit qui lui ont été assignés par ses bailleurs de fonds internationaux. Athènes anticipe ainsi un déficit de 8,5% du PIB en 2011, alors que l'UE et le FMI envisageaient 7,6% au plus.

Le gouvernement socialiste de George Papandréou a d'ores et déjà annoncé de nouvelles mesures de rigueur pour tenter de réduire le déficit des finances publiques l'an prochain à 6,8% du PIB en 2012 pour un objectif initialement fixé à 6,5%.

LES BANQUES POURRAIENT PAYER PLUS

Le dérapage budgétaire d'Athènes risque de compliquer les négociations en cours au sujet du deuxième plan de sauvetage grec, estiment les analystes.

"Dans le débat politique en Allemagne, ceci sera probablement utilisé pour demander la renégociation de l'ensemble du plan de sauvetage et une plus grande participation des investisseurs privés", commente Holger Schmieding, économiste chez Berenberg Bank.

Si la "troïka" des bailleurs de fonds de la Grèce -- Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne -- conclut dans leur rapport attendu ce mois-ci que les besoins de financement de la Grèce seront plus importants que prévu en raison de la récession, les banques pourraient être appelées à apporter une contribution supérieure à la décote de 21% prévue en juillet.

La "troïka" continue pour l'heure d'éplucher les comptes de la Grèce et n'a pas encore donné son feu vert au versement d'une nouvelle tranche d'aide de huit milliards d'euros vitale pour éviter que le pays ne soit en cessation de paiement dès ce mois-ci, ont déclaré des sources lundi.

Le vice-ministre des Finances Pantelis Oikonomou avait auparavant déclaré que les discussions étaient terminées pour l'essentiel mais, selon ces sources qui ont une connaissance directe du dossier, elles sont loin de l'être.

Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) se sont réunis ce lundi à Luxembourg et ils devaient faire encore plus pression sur le gouvernement grec pour mettre en oeuvre de manière plus résolue les réformes prévues par les plans de renflouement internationaux.

Le deuxième plan, défini en juillet, prévoit en particulier que le secteur privé participe à un plan d'échange de dette avec décote. Athènes veut que 90% au moins des créanciers participent pour que le projet aille de l'avant.

Le scepticisme semble de mise sur les marchés quant à la capacité des Européens à juguler la crise grecque, surtout après les derniers rapports financiers du pays.

L'endettement du pays devrait représenter 172,7% du PIB l'an prochain contre une estimation de 161,8% pour 2011, d'après le projet de budget d'Athènes. Le taux de chômage doit quant à lui augmenter à 15,2% cette année puis à 16,4% en 2012.

Pour Michael Fuchs, vice-président de la coalition parlementaire CDU/CSU au pouvoir en Allemagne, la cause est entendue: la Grèce est bel et bien en faillite. "Il n'y a probablement pour nous aucune autre solution qu'accepter un effacement d'au moins 50% de sa dette", estime-t-il.

Avec Pedro Nicolaci da Costa et Renee Maltezou, Wilfrid Exbrayat et Natalie Huet pour le service français, édité par Jean Décotte

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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