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Marché : La note de l'espagne dans le collimateur de moody's

La note de l'espagne dans le collimateur de moody'sLa note de l'espagne dans le collimateur de moody's

par Sonya Dowsett et Elisabeth O'Leary

SYDNEY/MADRID (Reuters) - Moody's Investors Service a annoncé vendredi avoir placé sous surveillance la note Aa2 de crédit de l'Espagne en vue d'un possible abaissement, une semaine après le deuxième plan d'aide à la Grèce.

L'agence de notation américaine estime que les coûts de financement de l'Etat espagnol resteront élevés à la suite de ce plan. Elle évoque aussi la faiblesse de la croissance économique du pays et les dérapages budgétaires de certaines régions.

Le plan grec signale un net déplacement du risque pour les porteurs d'obligations et constitue un précédent pour la participation du secteur privé à d'éventuelles futures restructurations de dette souveraine dans la zone euro, souligne Moody's.

L'agence ajoute qu'un éventuel abaissement de la note Aa2 ne sera que d'un cran. La note de Moody's pour l'Espagne est du même niveau que le AA de Standard & Poor's. La troisième grande agence, Fitch, note le pays un cran plus haut, à AA+. Les trois agences sont en perspective négative, c'est-à-dire que la note pourrait être baissée.

L'agence de notation a également abaissé la note de six régions, dont la Catalogne et l'Andalousie, et mis sous surveillance négative celle de sept autres régions ainsi que la note Aa2 du fonds de restructuration bancaire, le Frob, dans la mesure où sa dette est garantie en totalité par l'Etat espagnol.

Cinq banques espagnoles, dont la principale, Santander, sont aussi placées sous surveillance pour un possible déclassement.

"L'agence de notation (...) note que les interrogations demeurent concernant l'équilibre budgétaire à long terme en raison de la faible croissance économique de l'Espagne et de dérapages budgétaires dans certaines parties de ses collectivités locales", déclare l'agence dans un communiqué.

LE GOUVERNEMENT SE DÉFEND

Le gouvernement espagnol a fixé un objectif de déficit de 1,3% du produit intérieur brut (PIB) pour les 17 régions espagnoles cette année et l'an prochain, mais certains des nouveaux gouverneurs de régions estiment cet objectif inatteignable en mettant en avant la mauvaise gestion de leurs prédécesseurs.

Les régions manqueront leur objectif de déficit budgétaire de 0,75 point de pourcentage du PIB, estime Moody's.

La décision de Moody's est fondée sur ce qui se passe à court terme sur les marchés, a estimé le Trésor espagnol dans une lettre aux investisseurs.

"Le gouvernement espagnol estime que les motifs soutenant ce réexamen reposent de façon excessive sur des développements de marchés à court terme", déclare le Trésor.

La hausse des coûts de financement évoquée par Moody's est sans fondement, ajoute le Trésor qui promet d'utiliser cette période de mise sous surveillance pour réaffirmer son engagement sans condition à la discipline budgétaire.

L'interdiction du sauvetage des régions est inscrit dans la constitution espagnole, ce qui est propice à la discipline budgétaire, souligne la lettre.

Dans ce contexte de fragilité des pays périphériques de la zone euro, l'euro recule à moins de 1,43 dollar et les obligations allemandes sont recherchées, d'autant que l'incertitude demeure sur le plafond de la dette américaine.

Le rendement de l'obligation espagnole d'Etat à dix ans est en hausse de 11 points de base, à 6,16%, revenant à des niveaux constatés avant le deuxième plan de sauvetage de la Grèce. Le niveau de 7% est considéré comme très dangereux par les marchés.

La note de l'Espagne est sans comparaison avec la note grecque, classée en catégorie spéculative, et nettement au-dessus de celles du Portugal et de l'Irlande.

Selon une étude de la Deutsche Bank, si toutes les régions ayant un déficit supérieur à 3% (de leur PIB) en 2010 manquaient leur objectif d'un tiers comme la Catalogne, cela augmenterait le déficit public global de 0,64 point de pourcentage.

Le gouvernement vise un déficit public total de 6% du PIB cette année, contre 9,2% en 2010. Le taux de chômage publié vendredi est ressorti en légère baisse pour le deuxième trimestre, mais, à 20,9% de la population active, il reste le plus élevé de tous les pays de la zone euro.

Elisabeth O'Leary et Wayne Cole, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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