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Marché : La menace budgétaire pèsera sur la croissance américaine en 2013

par Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - L'accord du Nouvel An permettant aux Etats-Unis d'éviter le "mur budgétaire" réduit le risque d'une nouvelle récession mais les hausses d'impôts qu'il entérine pèseront sur la croissance cette année.

Pour les analystes, le plan entériné par les deux chambres du Congrès et ratifié mercredi par Barack Obama constitue dans l'immédiat un motif de soulagement pour l'économie. Un avis visiblement partagé par les investisseurs puisque l'indice Standard & Poor's a gagné 2,5% mercredi.

Il va néanmoins se traduire par une augmentation des prélèvements obligatoires pour la majeure partie des Américains puisqu'il prévoit un relèvement des cotisations salariales qui financent le programme Medicare de protection sociale des personnes âgées.

A elle seule, cette mesure pourrait amputer de 700 dollars le pouvoir d'achat d'un ménage moyen, selon les estimations du Tax Policy Center, un cercle de réflexion de Washington.

Cela risque de freiner la consommation et de priver l'économie de trois quarts de point de croissance, a déclaré Joseph LaVorgna, économiste de Deutsche Bank à New York.

Le plan prévoit aussi une augmentation de l'impôt sur le revenu pour les ménages gagnant plus de 450.000 dollars par an.

Au total, en incluant un nouveau prélèvement pour les plus riches destiné à financer la réforme de la santé adoptée en 2010, les hausses d'impôts pourraient amputer la croissance d'un quart de point supplémentaire.

"Le budget restera un poids cette année", résume Joseph LaVorgna.

Les détails de l'accord confortent le scénario d'une croissance d'environ 2% du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis en 2013.

Barclays Capital a confirmé mercredi prévoir une hausse de 2,1%. Le mois dernier, dans une enquête de Reuters sur les perspectives de croissance, la médiane des prévisions ressortait à 1,9%.

"Il semble que tout le monde ait poussé un soupir de soulagement", constatent pour leur part les stratèges de Brown Brothers Harriman dans une note à leurs clients. "On a évité l'ampleur maximale du mur budgétaire américain (qui) aurait pu précipiter la première économie mondiale dans la récession."

LE MUR RESTE UN FREIN POTENTIEL POUR LA CROISSANCE

Le Congressional Budget Office (CBO), une agence indépendante du Congrès, estimait que l'ensemble des hausses d'impôts et des réductions de dépenses publiques susceptibles de s'appliquer en l'absence de compromis entre la Maison blanche et le Congrès aurait pu se traduire par une contraction de 0,5% du PIB.

Et pour le ménage américain moyen, la totalité de ces mesures aurait représenté une augmentation de 3.500 dollars par an des prélèvements obligatoires selon le Tax Policy Center.

Mais l'accord qui a finalement permis d'éviter ce choc fiscal et budgétaire ne fait que retarder de deux mois un certain nombre de coupes dans les dépenses publiques, notamment dans les domaines de la défense et de l'éducation.

De nombreux économistes estiment que la suite des discussions au Congrès permettra de repousser ces coupes jusqu'à l'année prochaine dans le cadre d'un accord portant sur une réduction des dépenses publiques étalée dans le temps et sur le relèvement du plafond de la dette publique.

Mais là encore, un compromis n'est pas acquis d'avance et un échec des pourparlers entraînant une application stricte et rapide des coupes budgétaires pourrait freiner brutalement la croissance au second semestre.

"Si nous maintenons notre prévision de PIB 2013, nous maintenons aussi l'opinion selon laquelle la politique budgétaire constitue un risque à la baisse pour la croissance", expliquent donc les analystes de Barclays dans une note.

Certains économistes estiment néanmoins que l'accord de cette semaine lève en partie une incertitude qui a probablement freiné la consommation des ménages et l'investissement des entreprises ces derniers mois.

Sur les marchés financiers, la prudence devrait rester de mise tant que le Congrès n'aura pas relevé le plafond de la dette publique, actuellement fixé à 16.400 milliards de dollars et qui est déjà atteint, comme l'a confirmé lundi le Trésor.

L'administration Obama devra probablement relever ce plafond d'ici février ou mars pour repousser le risque - certes déjà lointain - d'un défaut de Washington sur sa dette, un scénario extrême qui se traduirait par une hausse des coûts de financement pour les administrations publiques comme pour les entreprises et pèserait donc sur l'activité économique.

"Nous avons un peu plus de certitudes mais il y a encore quelques questions à résoudre", conclut Dana Saporta, économiste de Credit Suisse.

Avec Jonathan Spicer, Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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