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Marché : La grèce pense financer seule le coût d'une extension de l'aide

La grèce pense financer seule le coût d'une extension de l'aideLa grèce pense financer seule le coût d'une extension de l'aide

par Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - La Grèce estime qu'une prolongation de deux ans du plan d'aide international dont elle bénéficie créerait un besoin de financement supplémentaire de 18 milliards d'euros, auquel elle pourrait répondre en empruntant à court terme sur les marchés et non en sollicitant une nouvelle fois ses bailleurs de fonds, ont déclaré à Reuters plusieurs responsables gouvernementaux.

Ces hypothèses font partie des arguments utilisés par Athènes pour tenter de convaincre ses partenaires européens et le Fonds monétaire international que lui donner du temps pour atteindre ses objectifs budgétaires ne reviendrait pas forcément à lui signer un nouveau chèque.

"Le gouvernement ne veut pas que le besoin de financement qui sera créé si on nous accorde une prolongation de deux ans pour mettre en oeuvre les mesures soit un fardeau pour nos créanciers", a déclaré un responsable gouvernemental, qui a requis l'anonymat.

"C'est notre stratégie sur ce dossier. C'est pourquoi (le Premier ministre Antonis) Samaras a déclaré lors de ses dernières rencontres que nous avions besoin de plus de temps, pas de plus d'argent."

La Grèce estime que le besoin de financement pourrait être comblé en émettant des bons du Trésor, a poursuivi ce responsable. Des emprunts à court terme auxquels elle a déjà eu recours ce mois-ci en attendant le versement d'une nouvelle tranche du plan d'aide international de 130 milliards d'euros, mais à un taux en hausse, à 4,43% à trois mois.

"Le gouvernement a un certain nombre de propositions sur la manière de couvrir le besoin de financement", a dit le responsable. "L'une d'elles consiste à obtenir l'autorisation d'émettre davantage de bons du Trésor en 2013, quand le contexte économique se sera amélioré et que nous serons en mesure de le faire à un coût réduit."

Antonis Samaras s'est rendu la semaine dernière à Berlin et à Paris pour tenter de convaincre l'Allemagne et la France que son pays ne reviendra pas sur les engagements pris en échange du plan d'aide, et qu'il mérite un délai supplémentaire pour procéder aux coupes budgétaires et aux réformes douloureuses exigées en contrepartie.

UN RETOUR À LA CROISSANCE DÈS 2014 ?

Son souhait d'un délai de deux ans supplémentaires a toutefois été fraîchement accueilli en Europe jusqu'à présent.

Athènes argue notamment du fait que ce délai lui permettrait d'atteindre plus rapidement les objectifs fixés par le plan, car cela permettrait à son économie de renouer avec la croissance un an plus tôt que prévu pour l'instant.

Athènes a calculé que son produit intérieur brut (PIB) se contracterait de 1,5% en 2013 et croîtrait de 2% en 2014 en cas de report de deux ans des objectifs, expliquent des responsables.

Sans ce délai, ajoutent-ils, la contraction du PIB atteindrait jusqu'4,5% l'an prochain et le retour de la croissance n'interviendrait pas avant 2015, ajoutent-ils.

"Nous prévoyons que l'économie renouera avec la croissance en 2014 plutôt qu'en 2015, et ce sera une bonne chose pour la situation budgétaire sur le long terme", a dit une deuxième source gouvernementale.

Certains responsables de l'Union européenne estiment néanmoins que la Grèce est si loin des objectifs fixés par le plan d'aide qu'il faudra 20 à 40 milliards d'euros supplémentaires pour la remettre sur les rails, un coût qui serait à la charge de la Banque centrale européenne ou des autres Etats de la zone euro.

Selon le plan, la Grèce doit réduire ses dépenses publiques de près de 12 milliards d'euros au cours des deux prochaines années afin de ramener son déficit budgétaire sous 3% du PIB d'ici la fin 2014, contre 9,3% en 2011.

L'économie hellénique, qui subit sa cinquième année consécutive de récession, devrait se contracter de plus de 7% cette année, selon Antonis Samaras. Plus d'un actif grec sur quatre est au chômage.

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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