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Marché : La grèce, économie fragilisée en pleine tempête

La grèce, économie fragilisée en pleine tempêteLa grèce, économie fragilisée en pleine tempête

(Reuters) - Les députés grecs ont approuvé mercredi le nouveau plan d'austérité du gouvernement de George Papandréou, un vote décisif pour l'issue d'une crise qui menace la cohésion de la zone euro.

L'Union européenne et le Fonds monétaire poursuivent parallèlement les discussions sur un nouveau plan d'aide à Athènes dont le montant pourrait avoisiner 100 milliards d'euros, en plus des 110 milliards d'assistance engagés au printemps de l'an dernier.

L'adoption de ce nouveau plan, indispensable pour éviter une faillite du pays, dépend de la participation des créanciers privés d'Athènes, également en pourparlers.

Voici les principales données économiques et financières sur la Grèce:

UNE DETTE EXPLOSIVE

La Grèce a accumulé au fil des ans une dette souveraine de 340 milliards d'euros, l'équivalent de 150% de sa richesse nationale et de 30.000 euros par habitant (le pays compte 11,3 millions d'habitants).

La majeure partie de cette dette (70% environ) est détenue par des investisseurs étrangers, banques, assureurs et fonds de pension ou d'investissement. Le reste est aux mains de créanciers grecs.

La révélation fin 2009 de la falsification des statistiques officielles grecques pendant plusieurs années pour permettre l'entrée du pays dans la zone euro a fait perdre à Athènes la confiance des marchés financiers, avec pour conséquence une envolée des taux d'intérêt de sa dette.

Les agences de notation financière ont depuis lors régulièrement abaissé la note souveraine du pays, désormais le plus mal noté du monde.

Conjuguée à l'envolée du déficit budgétaire, qui a atteint 15,4% du PIB en 2009, la défiance qu'inspire sa signature a rendu la Grèce incapable d'emprunter auprès des investisseurs privés, ce qui l'a obligée à se tourner en urgence début 2010 vers l'Union européenne et vers le FMI.

UNE ÉCONOMIE MENACÉE DE CHUTE LIBRE

A 224 milliards d'euros en 2010, le PIB grec représente un peu plus de 2,5% de l'économie globale de la zone euro et 2% de celui de l'ensemble de l'Union européenne. Son produit intérieur brut par habitant représente 89% de celui de l'UE.

Après 15 ans de croissance, la Grèce traverse sa troisième année consécutive de récession: son PIB devrait reculer de 3% en 2011 après une baisse de 4,4% en 2010 et de 2% en 2009. Le FMI prévoit pour l'instant un retour à la croissance l'an prochain, une hypothèse jugée exagérément optimiste par certains observateurs.

Plusieurs statistiques récentes sont plus révélatrices encore de l'ampleur de la crise: la production industrielle a ainsi chuté de 11% en avril par rapport au même mois de l'an dernier et l'activité du secteur de la construction a chuté de près de 40% en un an.

La chute de l'activité économique a eu pour conséquence une envolée du chômage, qui a atteint 16,2% en mars selon les statistiques officielles contre moins de 8% avant la crise. Chez les 15-24 ans, il atteint même 42,5%.

UNE AUSTÉRITÉ DE PLUS EN PLUS PRESSANTE

Sous la pression du FMI et de l'Union européenne, le gouvernement grec a multiplié depuis un an les mesures d'austérité censées assainir les finances publiques et réduire le déficit budgétaire afin de lui permettre de reprendre le contrôle de sa dette.

Après le premier plan d'assistance de 110 milliards d'euros lancé l'an dernier, Athènes avait notamment généralisé la retraite à 65 ans, gelé les pensions de retraite et les traitements des fonctionnaires et relevé la TVA de deux points, à 23%.

Le nouveau plan sur cinq ans validé la semaine dernière par Athènes et ses prêteurs internationaux prévoit quant à lui, entre autres mesures, une nouvelle augmentation de la pression fiscale, des coupes supplémentaires dans les prestations sociales et un vaste plan de privatisations, censé rapporter à l'Etat 50 milliards d'euros sur cinq ans.

Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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