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Marché : La grèce dit avoir obtenu un délai supplémentaire de deux ans

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par Renee Maltezou et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - La Grèce a dit mercredi avoir obtenu des bailleurs de fonds internationaux un délai supplémentaire de deux ans, jusqu'à 2016, pour atteindre ses objectifs budgétaires mais ses partenaires européens se sont montrés plus prudents, affirmant qu'aucune décision n'avait encore été prise.

"Aujourd'hui, nous avons obtenu le délai supplémentaire", a déclaré aux députés grecs le ministre des Finances, Yiannis Stournaras. Il a précisé qu'Athènes avait obtenu des concessions de la "troïka" et que les nouvelles mesures d'austérité pourraient être présentées au parlement la semaine prochaine.

"Ce matin, après une nuit entière d'efforts, la troïka a cédé sur deux questions importantes -les indemnités de départ et les préavis de licenciement", a dit le ministre.

La Grèce cherche à obtenir ce délai supplémentaire pour mettre en oeuvre son programme d'ajustement budgétaire destiné à atténuer l'impact des nouvelles mesures d'austérité réclamées par la "troïka" (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne) dans le cadre d'un second plan d'aide de 130 milliards d'euros.

Le ministre des Finances a ajouté qu'Athènes souhaitait réduire la dette colossale du pays en abaissant les intérêts et en allongeant les échéances des prêts de renflouement.

"Une restructuration de la dette est possible de deux manières", a dit Yiannis Stournaras. "La première est de baisser la valeur nominale. Si vous le faites de manière unilatérale, personne ne vous prêtera plus d'argent."

"La deuxième façon, dont le résultat est exactement le même en terme de valeur actuelle nette, est de baisser les intérêts et d'étendre la période de remboursement", a expliqué le ministre. "C'est ce que nous demandons aujourd'hui."

DRAGHI ET SCHÄUBLE PRUDENTS

En visite à Berlin, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a déclaré que l'examen des mesures prises par la Grèce n'était pas terminé.

"Je crois comprendre que des progrès ont été réalisés mais il reste encore des choses à fixer, je ne sais rien de plus", a-t-il dit, interrogé sur le délai qui aurait été donné à Athènes.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a également dit ne pouvoir confirmer le délai supplémentaire qu'Athènes dit avoir obtenu. C'est d'abord à la "troïka", a-t-il dit, de déterminer si la Grèce a fait suffisamment de progrès dans la mise en place des mesures destinées à ramener son déficit budgétaire à 3% de son PIB.

Il reviendra ensuite aux ministres des Finances de la zone euro d'examiner le dossier, a-t-il ajouté, mais aucune date n'a encore été fixée pour une telle réunion.

Dans un communiqué, le FMI a fait état de progrès ces derniers jours. "Mais des questions encore en suspens doivent être réglées pour parvenir à un accord complet", ajoute l'institution financière.

Les deux partis de gauche membres de la coalition au pouvoir en Grèce campent sur leur refus d'une réforme du marché du travail exigée en échange de la poursuite de l'aide financière internationale.

Le gouvernement grec dirigé par le conservateur Antonis Samaras doit adopter un nouveau programme d'austérité de 11,5 milliards d'euros pour obtenir une nouvelle tranche d'aide indispensable pour éviter la faillite de l'Etat d'ici fin novembre.

Les inspecteurs de la "troïka" ont quitté Athènes la semaine dernière en affirmant qu'un accord avait été trouvé sur les mesures nécessaires au déblocage de cette aide.

Les socialistes du Pasok et le parti de la Gauche démocratique, qui forment la coalition gouvernementale avec Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras, s'opposent aux projets de la "troïka" pour réduire les salaires et les indemnités de licenciement et supprimer les revalorisations automatiques des rémunérations.

Dans la soirée, le dirigeant de la Gauche démocratique, Fotis Kouvelis, a déclaré qu'en dépit des concessions, il restait opposé aux réformes du marché du travail exigées par les bailleurs de fonds de la Grèce.

"En l'état, ma position est inchangée", a-t-il dit.

Avec Harry Papachristou à Athènes, Klaus Lauer et Michelle Martin à Berlin; Mathilde Gardin et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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