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Marché : La grèce dit avoir levé les obstacles au 2e plan d'aide

La grèce dit avoir levé les obstacles au 2e plan d'aideLa grèce dit avoir levé les obstacles au 2e plan d'aide

par Luke Baker et Jan Strupczewski

Bruxelles (Reuters) - Le gouvernement grec a trouvé un accord sur des mesures d'économies supplémentaires, d'un montant de 325 millions d'euros, ce qui pourrait ouvrir la voie à un accord lundi sur le déblocage du deuxième plan d'aide pour Athènes, a dit mercredi soir le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos.

Il a ajouté que la Grèce pourrait annoncer lundi prochain un accord sur l'échange de dettes avec ses créanciers privés, si les ministres de la zone euro qui se réuniront ce jour-là décident de débloquer le nouveau plan d'aide à la Grèce, d'un montant de 130 milliards d'euros.

Exaspérés par une impression d'absence de progrès à Athènes, des responsables de la zone euro ont étudié comment retarder certaines parties voire l'intégralité du deuxième plan d'aide à la Grèce, si possible jusqu'à après les élections prévues pour avril, avait-on appris auparavant auprès de sources européennes.

Alors que le nouveau paquet d'aide de 130 milliards d'euros est désormais pratiquement prêt, les ministres des Finances de la zone euro s'étaient une nouvelle fois montrés insatisfaits des engagements pris par les dirigeants politiques grecs pour appliquer l'accord, qui prévoit d'ici 2014 de nouvelles coupes budgétaires et de nombreuses réformes impopulaires.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a toutefois déclaré dans la soirée qu'il était confiant dans la capacité des membres de la zone euro de prendre une décision lundi prochain sur la mise en oeuvre d'un deuxième plan d'assistance à la Grèce.

Il s'exprimait dans un communiqué émis à l'issue d'une conférence téléphonique des ministres des Finances de la zone euro, qui ont débattu pendant environ trois heures des détails de ce plan.

"Sur la base des éléments qui sont actuellement sur la table et de éléments additionnels mentionnés, je suis confiant dans le fait que l'Eurogroupe sera en mesure de prendre toutes les décisions nécessaires le lundi 20 février", a-t-il dit.

COUPER LE PLAN EN PLUSIEURS PARTIES

Des doutes existent également sur la trajectoire de réduction de la dette grecque. Elle représente environ 160% du produit intérieur brut et la "troïka" composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international (FMI) souhaite la ramener à 120% d'ici 2020.

Jean-Claude Juncker a ajouté que des progrès substantiels avaient été faits, notamment suite aux assurances reçues des différentes forces politiques grecques qu'elle appliqueraient le programme de réforme au-delà des élections générales prévues en avril.

Il a par ailleurs expliqué que la "troïka" formée par la Commission, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international avait finalisé le programme de soutenabilité de la dette grecque et que les mesures d'économies supplémentaires pour un montant de 325 millions d'euros avaient été identifiées, sans fournir plus de détails.

L'euro a reculé face au dollar à la suite de ce nouveau report sur une décision dans le dossier grec, évoluant à 1,306 dollar pour un euro.

"Il y a des propositions visant à retarder le paquet grec ou à le couper en plusieurs parties afin d'éviter un défaut immédiat sans pour autant s'engager sur l'ensemble (du paquet)", a dit l'une des sources.

"Les options seront discutées (...) Il y a une pression de la part de plusieurs pays pour retenir les choses jusqu'à ce qu'il y ait un engagement concret en Grèce, ce qui pourrait ne pas venir avant les élections", a-t-on ajouté.

L'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas sont les pays qui poussent dans la direction de retarder l'adoption du plan, ont précisé deux autres responsables.

Selon les termes du plan de soutien à Athènes, un échange de titres obligataires doit intervenir dans les prochains jours entre la Grèce et ses créanciers privés, qui accepteraient une perte de valeur nominale de 50% et permettraient de réduire la dette grecque de 100 milliards d'euros.

FEU VERT LUNDI ?

Le plan doit notamment permettre à Athènes d'honorer des échéances de remboursement de dette pour un montant de 14,5 milliards d'euros le 20 mars et ainsi éviter un défaut désordonné aux conséquences difficiles à évaluer pour l'ensemble de la zone euro.

Environ 30 milliards d'euros sur les 130 milliards de fonds publics sont destinés à accompagner la restructuration de la dette privée. Trente autres milliards sont nécessaires pour recapitaliser les banques grecques.

Mais le reste des prêts publics seraient quant à eux conditionnés à de nouvelles avancées sur des réformes structurelles dans le pays.

Interrogé sur la possibilité de diviser le paquet en plusieurs blocs, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économique et monétaires, Olli Rehn, a dit qu'aucune décision n'avait été prise.

"Jusqu'à maintenant, dans les discussions, cela a toujours été abordé comme un paquet unique", a déclaré le porte-parole.

Une segmentation de l'aide pourrait aussi se heurter à des problèmes techniques, les créanciers privés réclamant, avant de procéder à l'échange de titres, des garanties sur le volet public du plan.

Ces discussions pourraient en fait avoir pour objectif principal d'accroître la pression sur Athènes afin que les partis politiques s'engagent résolument à mettre en oeuvre le plan, quels que soient les résultats des élections en avril.

Antonis Samaras, le chef du parti grec conservateur Nouvelle démocratie, a d'ailleurs adressé mercredi après-midi une lettre à l'UE et au FMI dans laquelle il s'engage à mettre en oeuvre les nouvelles mesures d'austérité.

Julien Toyer pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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