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Marché : La france s'impose un nouveau tour de vis budgétaire

La france s'impose un nouveau tour de vis budgétaireLa france s'impose un nouveau tour de vis budgétaire

PARIS (Reuters) - Objectif : six à huit milliards d'euros d'économies supplémentaires. Le gouvernement français dévoile lundi de nouvelles mesures pour contenir son déficit public et préserver sa notation souveraine, dans le cadre d'un budget parmi "les plus rigoureux depuis 1945".

Le Premier ministre François Fillon, qui présentera le plan à la mi-journée à l'issue du conseil des ministres, a préparé les esprits en affirmant samedi qu'il n'y avait pas d'alternative à la réduction de la dépense publique.

L'exécutif, qui procédait dimanche aux ultimes arbitrages, s'abstient toujours de parler de "rigueur" ou d'"austérité" mais "l'heure de vérité" annoncée par le chef du gouvernement sonne comme telle à six mois de l'élection présidentielle.

Nicolas Sarkozy avait annoncé le 27 octobre, lors de son intervention télévisée, de nouvelles mesures après celles du 24 août afin d'ajuster le budget 2012 à l'aune de la révision à la baisse de la prévision de croissance française pour 2012 - de 1,75% à 1%.

François Fillon avait présenté le 24 août un plan de 12 milliards d'euros et de recettes supplémentaires pour 2011 et 2012.

Six à huit milliards d'euros d'économies seraient désormais nécessaires au gouvernement français pour tenir son objectif de réduction du déficit public malgré le ralentissement économique.

La France se fixe pour objectif une réduction de son déficit public à 4,5% du PIB fin 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014.

UN PLAN "EQUITABLEMENT RÉPARTI"

"Le seul programme qui vaille en 2012, c'est le retour à l'équilibre des finances publiques", a dit François Fillon samedi lors d'un discours à Morzine (Haute-Savoie).

"Il n'est pas utile de s'en prendre aux agences de notation, aux banquiers, aux spéculateurs ou à je ne sais quel bouc émissaire, pas utile de faire croire qu'il y a des trésors cachés pour financer nos dépenses publiques", a-t-il estimé.

"Il n'y a pas d'autre recette pour réduire l'endettement que de réduire la dépense», a répété François Fillon.

Un message également à l'adresse des agences de notation et des marchés financiers, en attente de gages de crédibilité dans les turbulences de la zone euro.

Le chef de l'Etat souhaite un plan "équitablement réparti", "efficace" et qui "protège l'emploi", a déclaré dimanche sur Radio J l'un de ses proches, l'ancien ministre Brice Hortefeux.

La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a confirmé sur M6 que l'essentiel des six à huit milliards d'euros proviendrait d'économies sur les dépenses.

Les dépenses sociales ne seront pas affectées et les ménages les plus modestes ne seront pas pénalisés, a-t-elle assuré.

"Tout le monde paiera à due proportion de ses capacités contributives", a-t-elle affirmé, sans entrer dans le détail de mesures à l'instar de ses collègues du gouvernement invités dimanche dans les médias.

Pour la partie recettes, plusieurs pistes sont évoquées, notamment le relèvement de la TVA dans certains des secteurs qui bénéficient d'un taux réduit à 5,5%, comme la restauration, la construction ou les services à la personne. Cette mesure rapporterait environ un milliard d'euros par an.

Un nouveau taux à 7% pourrait être ainsi créé.

"La TVA a des effets extrêmement bénéfiques", a plaidé dimanche Alain Juppé au "Grand rendez-vous" Europe 1/i-télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France.

"La TVA est un impôt qui est bon pour l'emploi. (...) Cela ne veut pas dire qu'il faut l'augmenter demain", a-t-il ajouté.

LA CGT CONTRE "UNE NOUVELLE JOURNÉE DE TRAVAIL GRATUIT"

Le gouvernement envisagerait en outre, selon Le Figaro, d'augmenter l'impôt sur les sociétés des entreprises qui réalisent plus de 500 millions d'euros de chiffre d'affaires (un gain d'un milliard d'euros par an).

L'hypothèse d'une seconde journée de solidarité - après celle créée en 2004 par Jean-Pierre Raffarin - durant laquelle les salariés travailleraient au bénéfice du budget de l'Etat a été évoquée dans la presse.

Pas question d'"une nouvelle journée de travail gratuit", a déclaré dimanche Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, sur RTL.

"Les salariés ne sont en rien responsables de cette crise et ne doivent pas en payer le prix", a-t-il souligné.

Le député socialiste Arnaud Montebourg lui a fait écho sur Canal+ : "Ce sont des mesures qui font payer la population à la place du système financier, qui a la lourde et écrasante responsabilité de la crise actuelle".

Jérôme Cahuzac, président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée, estime dans Le Journal du Dimanche qu'il faudra en réalité au gouvernement "entre neuf et dix milliards d'euros" d'économies supplémentaires qui devraient passer selon lui par la suppression du "paquet fiscal" voté en 2007.

Sophie Louet

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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