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Marché : La france devient moins attractive pour l'éolien

La france devient moins attractive pour l'éolienLa france devient moins attractive pour l'éolien

par Mathilde Cru

PARIS (Reuters) - La France devient moins attractive en matière d'éolien que certains pays d'Europe de l'Est en raison de contraintes réglementaires qui pèsent sur la filière, estime le directeur général d'EDP Renovaveis France, filiale de l'énergéticien portugais.

La France a pour ambition d'installer 19.000 mégawatts (MW) d'éolien terrestre d'ici 2020 mais le "Grenelle de l'environnement" a multiplié les strates administratives en soumettant notamment les parcs au régime des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE).

En matière d'éolien en mer, Frédéric Lanoë craint aussi que la taille du récent appel d'offres du gouvernement français ne soit insuffisante pour établir une concurrence sur les prix.

"Les projets éoliens, capitalistiques sont financés par des acteurs qui sont, comme nous, sur plusieurs pays, dès lors ce sont des arbitrages européens", a-t-il dit jeudi à Reuters.

Le classement ICPE contraint notamment de respecter une distance d'environ vingt kilomètres entre les mâts d'éoliennes et les radars de Météo France et de l'armée, ce qui limite le nombre de zones disponibles pour leur implantation.

"Actuellement près de 3.000 MW sont bloqués pour des questions de radars", a dit Frédéric Lanoë en expliquant que des avancées technologiques permettaient de diminuer la trace des éoliennes sur les radars grâce à une peinture adaptée.

EDPR exploite en France 284 MW de puissance installée dans l'éolien terrestre, soit 5% de la capacité française, mais la majeure partie de son activité réside aux Etats-Unis avec 3.200 MW et en Espagne (2.050 MW).

La baisse d'attractivité de la France tient aussi au retard pris dans la publication des schémas régionaux qui doivent déterminer les zones géographiques autorisées, à la hausse de l'imposition due à l'abandon de la taxe professionnelle et aux nombreux recours judiciaires, estime encore Frédéric Lanoë.

RECOURS QUASI SYSTÉMATIQUES

"On se retrouve avec une compression de nos marges très substantielles qui fait que les projets en France sont beaucoup moins attractifs que des projets en Roumanie ou en Pologne", a-t-il ajouté.

EDPR projette d'avoir 1.700 MW de puissance installée en Pologne, soit un peu plus que la capacité d'un réacteur nucléaire de type EPR, 990 MW en France et 610 MW en Roumanie.

"Il y a eu des bonnes années mais aujourd'hui en France les mégawatts ne suivent pas. C'est lié à l'effet combiné des contraintes spatiales, à la durée des instructions et aux recours qui gèlent les projets", souligne Frédéric Lanoë. Le délai d'obtention d'un permis de construire est en France d'environ deux ans contre six mois en Belgique, dit-il.

EDPR recherche par ailleurs des partenaires pour répondre à l'appel d'offres lancé en juillet par le gouvernement en vue de l'implantation de 3.000 MW en mer.

"Nous sommes prêts, nous développons 2.500 MW en Ecosse, nous travaillons sur des alliances, nous répondrons à l'appel d'offres si nous pensons qu'on a des chances d'avoir le projet et qu'il est profitable", a-t-il expliqué.

La France ne possède actuellement aucun parc éolien en mer et a comme objectif d'installer 6.000 MW d'ici 2020 quand l'Angleterre vise 32.000 MW et l'Allemagne 10.000.

"Le souci c'est la taille, 3.000 MW cela va permettre de nourrir quelques acteurs, mais est-ce qu'il y aura de la place pour les autres ?", se demande Frédéric Lanoë.

Le directeur général d'EDP Renovaveis souhaite en effet que la deuxième phase de l'appel d'offres de 3.000 MW annoncée pour avril 2012 soit avancée et plus ambitieuse afin d'attirer davantage d'acteurs et permettre une concurrence sur les prix.

Édité par Gilles Trequesser

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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