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Marché : La féminisation des conseils d'administration s'accélère

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par Natalie Huet

PARIS (Reuters) - Le nombre de femmes siégeant aux conseils d'administration des entreprises du CAC 40 a doublé en deux ans mais il s'agit souvent de "superwomen" venues de l'étranger, révèle une étude de l'observatoire Ethics and Boards.

Le pourcentage de 20% d'administratrices visé par la loi française pour 2014 est déjà atteint par la plupart des entreprises du CAC 40, même si 18 d'entre elles ont encore des efforts à faire, détaille cette étude qui vient d'être publiée à la suite des assemblées générales tenues mi-2011.

Une loi votée au début de l'année fixe la proportion d'administratrices dans les sociétés françaises cotées à 40% dès 2017, avec un premier palier en 2014, une féminisation à marche forcée que les entreprises ont souvent anticipé.

"En deux ans, Vallourec est passé de zéro à 36% de femmes dans son conseil d'administration. Il y a eu une vraie démarche volontariste", salue Alexandra de la Martinière, cofondatrice d'Ethics and Boards, un observatoire international de la gouvernance des entreprises, lors d'une interview à Reuters.

Entre 2009 et 2011, le nombre de mandats détenus par les femmes dans les conseils du CAC 40 est passé de 60 à 119, pour atteindre en moyenne 20,62% d'administratrices. Les autres entreprises du SBF 120, moins médiatisées, n'en comptent en moyenne que 14,81%.

Parmi les bons élèves de la Bourse de Paris figurent notamment Publicis (43,75% de femmes) ou Vivendi SA, Société générale et PPR (un tiers).

D'autres sociétés cotées ont conservé un conseil 100% masculin, comme Derichebourg ou Ubisoft, et surtout les géants EADS et STMicroelectronics, qui, ayant leur siège à l'étranger, ne sont pas soumis à la loi française sur ce point.

Plus étonnant, l'Etat, pourtant un fervent promoteur de la parité, ne compte à ce jour aucune femme parmi ses représentants aux conseils d'administration des entreprises du CAC 40 dans lesquelles il est actionnaire.

Les administratrices, qui ont en moyenne six ans de moins que leurs collègues masculins, participent au renouvellement et au rajeunissement des conseils d'administration des entreprises du SBF 120: la moyenne d'âge y atteint désormais 58,65 ans contre 59,57 ans en 2010.

Avec elles, les conseils gagnent en ouverture internationale: près de la moitié des administratrices nommées cette année n'étaient pas de nationalité française, ou détenaient une double nationalité.

Ces femmes extranationales comptent désormais pour un tiers des administratrices du CAC 40, précise Alexandra de la Martinière, présidente d'Ethics and Boards, qui y voit une recherche de "super vitrines", en attendant une féminisation plus spontanée.

"Si l'idée, c'est de chercher les femmes ailleurs, plutôt que de les promouvoir en interne dans l'entreprise, c'est dommage. J'ai un peu de mal à croire qu'on ne trouve pas de femmes ayant les qualifications nécessaires en France", observe-t-elle.

Il s'agit souvent d'une question de réseau, rappelle-t-elle, d'autant qu'en France, le profil attendu d'un administrateur est souvent celui d'un dirigeant, alors qu'aux Etats-Unis ou en Angleterre, il s'agit souvent de non-exécutifs, voire d'universitaires.

"Si on ne cherche des administrateurs que parmi les directeurs généraux et les PDG, évidemment on ne trouvera pas beaucoup de femmes", remarque-t-elle.

"D'une certaine façon, les femmes qui sont arrivées là sont des superwomen, parce que ce n'est pas facile."

Natalie Huet, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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