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Marché : La fed, morose, hésite à se montrer plus audacieuse

La fed, morose, hésite à se montrer plus audacieuseLa fed, morose, hésite à se montrer plus audacieuse

par Pedro da Costa et Mark Felsenthal

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine est prête à envisager de nouveaux rachats d'actifs pour soutenir l'économie, mais la reprise devra sans doute fléchir pour qu'un consensus se dégage sur ce sujet, montre le compte-rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed.

Au cours de sa réunion des 19-20 juin, la banque centrale a décidé d'étendre son opération "Twist" sans toutefois relancer un nouveau cycle d'assouplissement quantitatif (QE3).

La Fed a accru la taille de son "Twist" de 267 milliards de dollars (218 milliards d'euros). Ce programme, annoncé en septembre pour un montant initial de 400 milliards de dollars, vise à peser sur les taux à long terme pour soutenir l'activité en arbitrant des titres courts contre des titres longs dans le bilan de la Fed. Il aurait dû expirer en juin mais courra finalement jusqu'à la fin de l'année.

Malgré ce coup de pouce à l'économie, nombre d'économistes s'attendent à ce que la Fed prenne de nouvelles mesures de soutien à l'économie en engageant un troisième cycle de rachats de titres qui accroîtrait la taille de son bilan, actuellement de 2.900 milliards de dollars.

Certains membres du comité de politique monétaire ont estimé que le récent fléchissement de l'économie suffisait à justifier une action plus audacieuse, mais ils ne forment pas encore une majorité, lit-on dans les "minutes" de la réunion de la Fed.

"Plusieurs membres ont relevé que de nouvelles mesures de politique (monétaire) pourraient se justifier si la reprise économique venait à perdre de l'élan, si les risques baissiers sur les perspectives devenaient suffisamment prononcés, ou si l'inflation semblait pouvoir s'inscrire durablement sous l'objectif de long terme du comité", soit 2%, lit-on dans le compte-rendu.

LE MARCHÉ EN QUÊTE D'INDICES

Wall Street a creusé ses pertes à la suite de la publication de ce compte-rendu, qui n'a pas permis de rassurer les investisseurs sur les intentions de la Fed en matière de QE3.

"On ne voit vraiment aucune indication claire, dans ce compte-rendu, que la Fed soit désormais plus près d'un QE3 qu'elle ne l'était lors de sa précédente réunion", note Omer Esiner, analyste marchés pour Commonwealth Foreign Exchange.

"(Elle se montre) très prudente sur les perspectives économiques et la porte reste ouverte à un QE, mais il n'y a rien d'imminent dans ce compte-rendu."

Le président de la Fed, Ben Bernanke, s'exprimera mercredi prochain devant le Congrès américain, à l'occasion de son audition semestrielle par la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Les acteurs des marchés chercheront à déceler dans ses propos si les derniers chiffres des créations d'emplois aux Etats-Unis incitent davantage la banque centrale à envisager un assouplissement monétaire.

La Fed, qui maintient depuis décembre 2008 ses taux directeurs à un niveau proche de zéro, a déjà racheté pour 2.300 milliards de dollars de dette souveraine et de titres hypothécaires pour soutenir l'économie américaine.

Au cours de sa dernière réunion, la Fed a nettement abaissé ses prévisions de croissance pour le pays. Elle anticipe désormais une croissance de 1,9% à 2,4% cette année, alors qu'elle attendait encore en avril une expansion de 2,4% à 2,9%.

Les "minutes" montrent en outre que les employés de la Fed, tout comme les responsables du comité de politique monétaire, s'attendent à ce que l'économie peine à croître suffisamment pour faire baisser le taux de chômage d'ici à 2014.

CHÔMAGE OBSTINÉMENT ÉLEVÉ

L'économie américaine a enregistré une croissance de 1,9% au premier trimestre et nombre d'économistes s'attendent à ce qu'elle ait poursuivi son ralentissement au deuxième.

Les créations d'emplois aux Etats-Unis sont ressorties inférieures aux attentes en juin et n'ont pas suffi à faire reculer le taux de chômage, qui s'élève à 8,2%.

Selon le département du Travail, le nombre d'emplois créés mensuellement a été de 75.000 en moyenne au deuxième trimestre contre 226.000 au trimestre précédent. On estime généralement que l'économie doit créer autour de 125.000 emplois par mois pour faire baisser le taux de chômage.

Selon une enquête Reuters menée après la publication de ces chiffres auprès de 16 intermédiaires traitant directement avec la Fed, ces derniers estiment qu'il y a 70% de chances pour que la banque centrale engage un nouveau tour d'assouplissement quantitatif. Une enquête similaire menée fin juin donnait une probabilité estimée à 50%.

D'après le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed, 11 des participants ont fondé leurs prévisions sur l'hypothèse d'une prolongation de l'opération "Twist" et deux sur l'hypothèses de nouveaux rachats de titres.

Certains responsables du comité de politique monétaire se sont toutefois inquiétés de l'impact potentiellement néfaste de nouveaux rachats d'actifs sur le marché des Treasuries.

"Cependant, les membres ont dans l'ensemble convenu que ces risques semblaient actuellement faibles et étaient contrebalancés par les bénéfices attendus de cette action", lit-on toutefois dans le compte-rendu.

avec Nick Olivari à New York, Natalie Huet pour le service français

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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