Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : La croissance dans la zone euro s'accélère, le fossé se creuse

Marché : La croissance dans la zone euro s'accélère, le fossé se creuse

La croissance dans la zone euro s'accélère, le fossé se creuseLa croissance dans la zone euro s'accélère, le fossé se creuse

par Jan Strupczewski et Brian Rohan

BRUXELLES/BERLIN/PARIS (Reuters) - La vigueur de la reprise en France et en Allemagne a permis à la croissance dans la zone euro de surpasser les attentes au premier trimestre mais les chiffres publiés vendredi soulignent le creusement du fossé qui sépare le "coeur" de la "périphérie" de la région.

Le produit intérieur brut (PIB) des Dix-Sept a progressé de 0,8% sur les trois premiers mois de l'année, a annoncé Eurostat, alors que les économistes interrogés par Reuters anticipaient une croissance de 0,6% seulement.

L'Allemagne continue de faire la course en tête avec une croissance de 1,5% et la France a elle aussi surpassé les attentes avec un PIB en hausse de 1,0%.

Ces deux pays, qui représentent à eux deux près de la moitié de l'activité économique de la zone, ont bénéficié entre autres en début d'année d'un phénomène de rattrapage après une fin 2010 pénalisée notamment par le froid.

L'ampleur de leur rebond début 2011 a été bien accueilli par les marchés financiers et l'euro était orienté à la hausse en début d'après-midi, autour de 1,4285 dollar, après un plus haut du jour à 1,4299.

Pour les économistes, les statistiques publiées vendredi ne devraient pas remettre en cause la volonté de la Banque centrale européenne (BCE) de relever ses taux d'intérêt en juin ou en juillet.

Et ce malgré la situation toujours alarmante du Portugal et de la Grèce : le premier a replongé dans la récession au premier trimestre, son PIB chutant de 0,7%, et la deuxième, malgré une croissance de 0,8% par rapport à octobre-décembre, affiche une contraction de 4,8% sur un an.

Lisbonne, qui a conclu la semaine dernière avec le Fonds monétaire international et l'Union européenne un plan d'aide de 78 milliards d'euros, anticipe une contraction de son économie cette année et l'an prochain.

Athènes, de son côté, risque de souffrir des nouvelles mesures d'austérité que lui réclament les mêmes bailleurs de fonds.

PREMIER SEMESTRE SOLIDE

Parmi les pays de la "périphérie" de la zone euro touchés de près ou de loin par cette crise au cours des derniers mois, seule l'Espagne parvient à tirer son épingle du jeu.

Madrid affiche une croissance de 0,3% d'un trimestre sur l'autre et de 0,8% en rythme annuel, sa meilleure performance depuis la mi-2008.

"On constate une tendance solide dans la zone euro, tirée principalement par les pays du coeur", résume Carsten Brzeski, économiste d'ING.

L'Italie fait toutefois figure de mauvais élève parmi les grands pays de la zone avec une croissance de 0,1% sur janvier-mars, comme sur les trois mois précédents.

La Commission européenne a parallèlement dit prévoir une croissance de 1,6% dans la zone euro pour l'ensemble de cette année. Bruxelles anticipe une expansion de 2,6% en Allemagne et de 1,8% en France.

Des chiffres inférieurs à ceux évoqués par Berlin et Paris : un conseiller économique du gouvernement a évoqué sur la chaîne de télévision ARD la possibilité d'une croissance 2011 à 3% et la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a jugée confortée sa propre prévision de 2%.

Pour Ken Wattret, de BNP Paribas, "la zone euro va connaître un premier semestre solide, qui va conforter la tendance de la BCE à rendre sa politique un peu moins accommodante, et je suis sûr que lors de sa réunion de juin, à condition qu'il n'y ait pas de crise dans le secteur financier d'ici-là, la BCE va préparer le terrain à une hausse de taux en juillet".

L'institut d'émission présidé par Jean-Claude Trichet a relevé ses taux d'intérêt en avril, à 1,25% pour le principal d'entre eux, pour la première fois depuis près de trois ans en affichant sa volonté de combattre les tensions inflationnistes.

La hausse des prix dans la zone euro a en effet atteint 2,8% en rythme annuel en avril selon une première estimation, son plus haut niveau depuis le début 2008.

Dans un rapport publié jeudi, le FMI a appelé la BCE à la prudence en matière de taux d'intérêt, en expliquant que tout risque d'une extension de la crise de la dette souveraine à des pays du "coeur" n'était pas écarté.

Marc Angrand pour le service français, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...