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Marché : La consommation en demi-teinte pendant l'été

La consommation en demi-teinte pendant l'étéLa consommation en demi-teinte pendant l'été

PARIS (Reuters) - Une petite baisse en juillet, une hausse timide en août: la consommation des ménages français a connu un été en demi-teinte sur fond de remontée du chômage, de crise de la dette et de turbulences financières.

Les achats de biens des ménages ont diminué de 0,2% en juillet et augmenté d'autant en août, a annoncé vendredi l'Insee, qui a révisé la hausse de juin, un mois marqué par les soldes, à 0,9% contre 1,2% annoncé initialement.

"La légère baisse de juillet s'explique principalement par un recul des achats d'automobiles et de biens d'équipement du logement", précise l'Institut national de la statistique dans un communiqué.

Le rebond très limité du mois s'août s'explique entre autres par la reprise de l'automobile (+0,9% après -1,5%) et par la progression des dépenses d'énergie, en particulier de produits pétroliers.

Le détail des statistiques montre qu'en valeur, les achats d'automobiles, toujours affectés par la disparition de la prime à la casse, sont tombés en juillet à leur plus bas niveau depuis août 2004, à 4,66 milliards d'euros.

La situation n'est guère meilleure pour les biens d'équipement du logement, dont les achats ont reculé de 0,7% en juillet et de 1,7% en août. Quant au secteur textile-cuir, ils est loin d'avoir profité de l'approche de la rentrée scolaire avec une baisse de 2,3% le mois dernier, qui a quasiment effacé les hausses de juin et juillet.

RISQUE SUR LES SALAIRES

Pour les économistes, ces chiffres font craindre une contribution limitée de la consommation à l'évolution du PIB au troisième trimestre.

"Cela va dans le sens d'une reprise modérée de la consommation, peut-être de l'ordre de 0,4% d'un trimestre sur l'autre", explique Tullia Bucco, d'UniCredit.

Au deuxième trimestre, la consommation globale des ménages (biens et services confondus) a reculé de 0,7%. Et les chiffres des comptes nationaux publiés mercredi avaient montré une nette hausse du taux d'épargne des français à 17,0% sur avril-juin, son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2009.

"La consommation des ménages est en panne", analyse Alexandre Mirlicourtois, directeur des études du cabinet Xerfi, qui prévoit une croissance de la consommation de 0,6% seulement cette année et "à peine plus" en 2012, contre 1,8% par an en moyenne au début des années 2000.

A ses yeux, outre le chômage et l'inflation ressentie, toujours historiquement élevés, la consommation risque de se heurter au "mur" des salaires.

Face à la rigueur budgétaire et au renforcement de la fiscalité, explique-t-il, "les entreprises chercheront à s'ajuster pour contenir le ratio masse salariale/valeur ajoutée.

L'ajustement se fera à la fois sur les quantités et sur les prix, c'est-à-dire sur les salaires."

Autre signal préoccupant: le ralentissement du crédit à la consommation, qui a subi en août son troisième mois consécutif de repli et affiche un recul de 6,7% en moyenne sur les trois derniers mois, selon l'Association française des sociétés financières (ASF).

Marc Angrand, avec Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse

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