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Marché : La consommation a porté l'économie américaine au 3e trimestre

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par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - La croissance américaine a progressé à un rythme supérieur aux attentes au troisième trimestre, les dépenses des ménages solides ayant compensé sur le tard un recul des investissements privés.

Cette amélioration a trouvé un écho avec la publication vendredi de l'indice Thomson Reuters/Université du Michigan, qui s'est inscrit en octobre à un plus haut de cinq ans.

Selon les premières estimations du département du Commerce, le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a augmenté de 2% en rythme annualisé sur le trimestre juillet-septembre, en nette amélioration par rapport à celle de 1,3% enregistrée au deuxième trimestre.

Cette croissance est supérieure aux attentes des économistes interrogés par Reuters qui prévoyaient une croissance de 1,9%.

Si son rythme reste en-deçà de ce qui serait nécessaire pour inverser durablement la courbe du chômage, le chiffre de la croissance offre un peu de réconfort à la Maison blanche à moins de deux semaines de l'élection présidentielle du 6 novembre, qui s'annonce serrée entre le président sortant, le démocrate Barack Obama, et le républicain Mitt Romney.

"Cela semble plutôt bon. C'est prometteur pour l'économie mondiale et l'économie américaine. Mais surtout, cela devrait permettre d'améliorer les bénéfices. Ce qui se traduira par des meilleurs prix sur les marchés d'actions", a déclaré Adam Sarhan, directeur exécutif de Sarhan Capital à New York.

REGAIN DE CONFIANCE

Après avoir repris des couleurs suite à la récession des années 2007-2009, l'économie américaine a depuis été confrontée à la flambée des cours du pétrole, aux conséquences de la crise de la dette en Europe et, plus récemment, à la crainte de mesures d'austérité.

Les consommateurs ont dans leur majorité ignoré l'imminence de mesures drastiques de réduction des dépenses publiques et des hausses d'impôts, attendues pour le début de l'année 2013 en l'absence d'accord au Congrès sur une réduction du déficit.

Les dépenses des ménages, qui représentent 70% de l'activité économique américaine, ont en effet augmenté de 2,0% entre juillet et septembre après une hausse de 1,5% au trimestre précédent.

Il semble que, sur la fin du trimestre, les Américains aient revu leurs dépenses à la hausse, avec notamment l'achat du dernier né des smartphones d'Apple, l'iPhone 5, et de voitures.

Les ventes finales ont progressé de 2,1%, largement au-dessus du consensus qui anticipait une hausse de 1,5%.

Le sentiment du consommateur américain a fortement progressé contre toute attente en octobre, à son plus haut niveau en cinq ans, selon l'indice Thomson Reuters/Université du Michigan.

"Sauvés par un PIB américain en hausse de 2%, supérieur aux attentes, les acheteurs peuvent enfin souffler sur les actifs risqués. Ajoutez à cela un indice de confiance des consommateurs au plus haut depuis 2007 et vous évitez le pire, in extremis", a déclaré Nicolas Chéron, analyste chez FXCM.

"Toutefois, ce n'est pas une relance économique comme l'escomptait la Fed dans son rapport de la semaine passée, laissant déjà planer les rumeurs d'un QE4 ou d'une extension du QE3 actuel en décembre", a-t-il dit.

Ces chiffres supérieurs aux attentes ont permis à Wall Street d'ouvrir la dernière séance de la semaine en hausse avant de s'inscrire en baisse, des résultats médiocres ayant partiellement occulté la publication des statistiques du PIB.

En Europe, les marchés se sont retournés à la hausse après avoir passées la matinée dans le rouge. Le CAC gagnait près de 0,8% vers 14h15 GMT. L'indice paneuropéen Eurostoxx 50 prenait près de 0,7%.

LA MENACE DU "MUR BUDGÉTAIRE"

Le rebond des marchés boursiers et la stabilisation des prix de l'immobilier ont incité les ménages à s'endetter, soutenant ainsi la composante des dépenses, mais leurs revenus se sont tassés sur le dernier trimestre, ce qui les a amenés à économiser plus pour financer leurs achats.

Le montant du revenu disponible par foyer, après prise en compte de l'inflation et des impôts, a augmenté de seulement 0,8% au troisième trimestre, en nette baisse par rapport au trimestre précédent (3,1%).

Le taux d'épargne a ralenti à un taux de 3,7% après 4% sur le trimestre avril-juin.

Le rythme des dépenses a augmenté malgré un pic des pressions inflationnistes alimentées par la hausse des prix des carburants.

L'indice des prix PCE a enregistré une hausse de 1,8% sur le trimestre, après 0,7% au trimestre précédent, tandis que l'indice des prix de base "core" a légèrement ralenti sa progression, passant de 1,7% au deuxième trimestre à 1,3% sur les trois mois suivants, ce qui suggère que la pression à la hausse sur les prix sera temporaire.

Mais le rythme actuel des dépenses pourrait être freiné par le chômage. Environ 23 millions d'Américains sont au chômage, contraints de travailler à temps partiel ou sous-employés et certains redoutent que le rythme des dépenses ne soit pas soutenable, à plus forte raison avec la menace que fait peser le "mur budgétaire".

En l'absence d'accord au Congrès d'ici la fin de l'année, des réductions des dépenses budgétaires et une série de hausses d'impôts s'appliqueront mécaniquement, augmentant les recettes de l'Etat d'environ 600 milliards de dollars, mais créant un choc pour l'économie.

"Il y a un espoir que nous puissions faire mieux l'année prochaine si nous parvenons à éliminer des incertitudes, notamment sur le 'mur budgétaire'", a déclaré Nigel Gault, à la tête de l'équipe d'analystes chargée des Etats-Unis d'IHS Global Insight.

La menace d'un "fiscal cliff" est à l'origine d'un recul de 1,3% des investissements des entreprises, traditionnels soutiens de l'économie américaine, après une progression de 3,6% au deuxième trimestre. Il s'agit de leur première baisse depuis le premier trimestre 2011.

Les exportations ont reculé de 1,6% au troisième trimestre, reculant fortement après la hausse de 5,3% enregistrée au trimestre précédent. C'est la première baisse observée depuis le premier trimestre 2009.

En revanche, la construction a crû à un taux de 14,4%, dopée par la politique ultra-accommodante de la Réserve fédérale américaine, qui pousse les taux des prêts immobiliers à des plus bas.

Mathilde Gardin et Catherine Monin, pour le service français, édité par Nicolas Delame

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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