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Marché : La coalition sous pression pour réduire le déficit des pays-bas

La coalition sous pression pour réduire le déficit des pays-basLa coalition sous pression pour réduire le déficit des pays-bas

par Gilbert Kreijger

AMSTERDAM (Reuters) - Le déficit budgétaire des Pays-Bas dépassera la limite autorisée jusqu'en 2015 à moins de mesures supplémentaires destinées à réduire les dépenses, montrent les projections officielles publiées jeudi, qui accroissent la pression sur une coalition gouvernementale déjà fragile.

Des membres du parlement néerlandais ont mis en garde mercredi contre le fait que les Pays-Bas, l'un des quelques pays de la zone euro encore noté 'triple A', risquaient de perdre leur prestigieuse notation en cas de dérive trop marquée des finances publiques.

L'économie néerlandaise est retombée officiellement en récession au second semestre 2011, avec une contraction de son produit intérieur brut (PIB) de 0,4% au troisième trimestre et de 0,7% lors des trois derniers mois de l'année.

Sans réformes particulières, le déficit budgétaire devrait représenter 3,3% du PIB en 2015, année où arrivera à terme le mandat de la coalition chrétienne démocrate-libérale minoritaire, contre 4,5% cette année, suivant les prévisions du CPB, groupe de réflexion du gouvernement néerlandais.

Ce dernier voit également la dette des Pays-Bas atteindre 75,8% du PIB en 2015 contre 69,7% cette année, au-dessus donc de a limite de 60% prévue par l'UE.

Or, le Pacte de stabilité et de croissance européen autorise un déficit représentant 3% du PIB au maximum, ce qui met la coalition au pouvoir dans l'obligation de parvenir à trouver 5 à 10 milliards d'euros d'économies lors de négociations avec le Parti de la Liberté (extrême-droite), qui doivent se tenir à partir de la semaine prochaine.

Le gouvernement du Premier ministre Mark Rutte dépend du soutien des élus de la formation de Geert Wilders, qui s'oppose à des propositions de réformes de la protection sociale et des marchés du logement et du travail, émises par l'un des partis de la coalition.

"Le plus probable, c'est qu'il (Wilders) fasse voler le gouvernement en éclats parce qu'une des propositions de coupes budgétaires concernera un sujet important aux yeux de ses électeurs", juge Philip van Praag, de l'université d'Amsterdam.

50% DE CHANCES DE TROUVER UN ACCORD, SELON WILDERS

Geert Wilders a déclaré qu'il n'y avait que 50% de chances que les discussions budgétaires avec les libéraux et les chrétiens-démocrates débouchent sur un accord.

"Nous voulons que cela fonctionne mais pas à n'importe quel prix", a-t-il dit à la chaîne NOS.

La Commission européenne a mis en garde La Haye, lui rappelant que le pays devait ramener son déficit sous 3% du PIB l'an prochain sous peine de sanctions.

Le gouvernement a approuvé un premier plan de réduction des dépenses de 18 milliards d'euros d'ici 2015, déjà pris en compte dans les projections de déficit public. Aux yeux des analystes, les domaines dans lesquels pourraient s'appliquer des coupes supplémentaires ne sont pas clairs.

D'autres experts politiques jugent qu'une chute du gouvernement n'est pas inévitable étant donné que Geert Wilders, connu pour ses positions hostiles à l'islam, n'a pas beaucoup d'autres alliés au parlement avec qui former une coalition, tandis que les chrétiens-démocrates, avec une popularité en berne, souhaitent éviter de repasser par les urnes.

"Les partis sont dans l'obligation de s'entendre. Les chrétiens-démocrates ne peuvent pas se permettre de retourner devant les électeurs maintenant. Le Parti de la Liberté sait qu'il ne fera probablement pas partie d'un nouveau gouvernement si les élections sont organisées aujourd'hui", juge Bruno Braakhuis, élu du parti d'opposition Greenleft.

Wilfrid Exbrayat et Jean Décotte pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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