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Marché : La bce se penche sur les taux d'intérêt en attendant l'espagne

La bce se penche sur les taux d'intérêt en attendant l'espagneLa bce se penche sur les taux d'intérêt en attendant l'espagne

par Thomas Atkins

FRANCFORT (Reuters) - Pour la première fois depuis des mois, les taux d'intérêt reviennent en tête de l'ordre du jour de la Banque centrale européenne à l'occasion de sa réunion monétaire de jeudi, mais la plupart des analystes s'attendent à un statu quo.

Un mois après avoir dévoilé un programme de rachat d'obligations souveraines potentiellement illimité que seuls les pays eux-mêmes peuvent activer, la banque centrale ne peut plus faire grand-chose pour la crise de la dette européenne à part attendre que l'Espagne se décide à appeler à l'aide pour réduire ses coûts de refinancement.

La BCE s'est suffisamment inquiétée du niveau de l'inflation dans la zone euro pour convaincre les marchés financiers qu'elle ne touchera pas de sitôt à son taux de refinancement, son principal taux directeur déjà à un plus bas historique de 0,75%.

Mais avec une nouvelle récession qui se profile à l'échelle de la zone euro, les économistes se demandent de plus en plus si la banque centrale ne va pas évoluer vers des taux négligeables ou négatifs comme l'ont fait la Suisse et le Japon.

"La seule question est de savoir si la BCE va réduire ses taux ou pas", résume Carsten Brzeski, chez ING, au sujet de la réunion de jeudi. "Je ne le pense pas, d'autant que c'est vraiment la dernière munition qu'il lui reste."

Sur 73 économistes interrogés par Reuters, seuls 14 ont dit attendre une baisse de taux jeudi. Mais une petite majorité anticipe un geste d'ici la fin de l'année, qui ramènerait le taux refi à 0,50%.

ATTENTISME

La réunion de jeudi se tiendra à Ljubljana, en Slovénie, une des deux réunions annuelles que la BCE tient hors de ses bases à Francfort.

Les indices des directeurs d'achat publiés lundi montrent que l'activité manufacturière de la zone euro a connu en juillet-septembre son plus mauvais trimestre depuis la récession de 2009.

Mais si les indicateurs s'enfoncent dans le rouge, le taux d'inflation a augmenté en septembre pour atteindre 2,7%, bien au-dessus de l'objectif (un peu moins de 2%) retenu par la BCE.

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a affirmé la semaine dernière que les données économiques et le niveau de l'inflation ne justifiaient pas une baisse de taux en octobre - un point de vue ensuite partagé par le gouverneur de la Banque d'Autriche, Ewald Nowotny.

"Comme la BCE a déjà beaucoup mis sur la table, il est très possible qu'elle adopte maintenant une attitude attentiste en sachant qu'il lui sera toujours possible de baisser les taux plus tard si la situation le nécessite", observe Christel Aranda-Hassel, économiste chez Credit Suisse.

Le président Mario Draghi pourrait ainsi, pendant sa conférence de presse, répéter qu'il n'entend pas toucher au taux des dépôts, actuellement à zéro, pour éviter de se retrouver en territoire inconnu.

De même les économistes jugent peu probable l'annonce d'une extension au secteur privé des collatéraux acceptés par la BCE afin de soutenir les prêts en Italie ou en Espagne.

LA DÉTERMINATION DE LA BCE À L'ÉPREUVE

Mario Draghi devrait également laisser les marchés sur leur faim concernant le programme d'"opérations monétaires sur titres" (OMT) - les rachats de dette souveraine - annoncé le mois dernier.

"La BCE ne peut rien faire d'autre que rappeler ce que Draghi a dit la dernière fois", note Carsten Brzeski. "Bien sûr il devra prendre soin d'afficher la même détermination, mais je pense que ce sera le cas."

La détermination de la banque centrale pose effectivement question alors que la Bundesbank a vertement exprimé son opposition au principe de rachats "illimités" d'obligations de pays en difficulté pour dissuader les spéculateurs.

En échange, Mario Draghi entend imposer de strictes conditions aux pays bénéficiaires.

L'Espagne, concernée au premier chef, a présenté la semaine dernière un budget d'austérité apparemment destiné à anticiper ces conditions, et qui a été très bien reçu par la Commission européenne.

Reste à voir ce qu'en dira le président de la BCE.

Véronique Tison pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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