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Marché : La bce montre sa détermination à combattre l'inflation

La bce montre sa détermination à combattre l'inflationLa bce montre sa détermination à combattre l'inflation

par Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - En déclarant qu'il était "essentiel" d'éviter une propagation des effets inflationnistes et en relevant tous ses taux directeurs, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé entrevoir toute sa détermination à lutter contre la hausse des prix à la consommation.

Lors d'une conférence de presse qui a suivi la décision de la BCE de relever ses taux de 25 points de base, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a certes déclaré qu'il n'avait pas été décidé que le tour de vis monétaire de ce jeudi était le premier d'une série de relèvements.

Mais en disant que la BCE ne "tolérera pas des effets inflationnistes de second tour" et en attribuant la pression sur les prix à la forte croissance dans les pays émergents et au niveau élevé des cours du pétrole, Jean-Claude Trichet a clairement défini les priorités pour l'année.

"Nous continuerons de surveiller très attentivement tous les développements liés aux risques haussiers sur la stabilité des prix", a-t-il déclaré.

Certes, l'expression choisie "très attentivement" dénote une atténuation des craintes de hausse des prix par rapport aux termes "grande vigilance" qui avaient été utilisés le mois dernier pour qualifier l'attitude de la BCE par rapport à l'inflation.

Mais il n'en demeure pas moins que, par le passé, l'expression en question a été annonciatrice de nouvelles hausses des taux d'intérêt dans un délai rapproché.

"Eviter des effets de second tour est essentiel", a encore déclaré Jean-Claude Trichet ajoutant que la BCE fera "tout ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité des prix".

Les intervenants sur les marchés financiers sont donc en droit de se dire que la hausse des taux de ce jeudi, premier resserrement monétaire depuis juillet 2008, sera suivie d'autres d'ici la fin de l'année.

La décision du Portugal de finalement faire appel à une aide internationale facilite la tâche de la BCE puisqu'avec les fonds qu'il va recevoir, le pays pourra, quoi qu'il en soit, se financer à un taux bas.

Le taux de refinancement de la BCE est passé de 1,00% à 1,25%. Le taux au jour le jour EONIA implique un taux de refinancement porté à 1,75% d'ici la fin de 2011

TAUX DE FACILITÉ DES DÉPÔTS

La BCE a presque surpris les acteurs de marché en remontant également, de 25 points de base à 0,5%, son taux de facilité de dépôt qui agit comme plancher pour les taux du marché à court terme.

La moitié des économistes interrogés par Reuters avait anticipé un taux de dépôt inchangé afin que le corridor entre ce dernier et le taux de refinancement soit de nouveau à son niveau classique d'avant-crise d'un point de pourcentage.

Cette hausse du taux des dépôts laisse entendre que la BCE n'a pas envie d'attendre que les taux de marché retrouvent leur niveau normal, au-dessus du taux refi, à mesure que les banques commerciales réduisent progressivement leur dépendance aux prêts de la BCE.

Au contraire, la Banque centrale européenne semble vouloir reprendre une forme de contrôle sur les taux de marché, en fixant le rythme de leur rebond à partir de niveaux très bas.

Certains ont été étonnés du fait que Jean-Claude Trichet ne se soit pas ému de la vigueur de l'euro, qui vient de toucher un plus haut de 14 mois face au dollar.

Il a déclaré que les exportations étaient l'un des risques haussiers pour la croissance économique, ce qui sous-entend qu'il ne pense pas que la hausse de la monnaie unique est susceptible de peser sur ces exportations.

A l'inverse, il n'a pas qualifié le renchérissement de l'euro de risque baissier pour la croissance économique.

Même si certains responsables de la zone euro pensent qu'un euro à 1,40 dollar pénalise le secteur manufacturier, la vigueur de la monnaie unique permet de compenser en partie l'envolée du prix des matières premières.

Cela peut donc vouloir dire que l'euro doit encore augmenter, peut-être jusqu'à 1,50 dollar, avant que la parité n'inquiète la BCE.

Vers 16h15 GMT, il évoluait à 1,4283 dollar.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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