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Marché : La bce maintient ses taux inchangés, la question grecque éludée

La bce maintient ses taux inchangés, la question grecque éludéeLa bce maintient ses taux inchangés, la question grecque éludée

par Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a maintenu jeudi ses taux directeurs à un plus bas record, faisant état de signes provisoires de stabilisation de l'économie et se refusant à préciser le rôle qu'elle pourrait jouer pour éviter un défaut de la Grèce.

Les trois partis de la coalition gouvernementale en Grèce sont parvenus à se mettre d'accord sur un ensemble de nouvelles mesures d'austérité à mettre en oeuvre en échange d'un deuxième plan d'aide international à Athènes.

Cet accord, exigé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, a été confirmé par Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), lui-même informé par le Premier ministre grec Lucas Papadémos, qui a ensuite annoncé officiellement l'accord.

"Il y a quelques minutes, j'ai reçu un appel du Premier ministre grec disant qu'un accord avait été conclu et approuvé par les grands partis", a dit Mario Draghi, lors de la conférence de presse à l'issue du conseil des gouverneurs de la BCE qui a maintenu inchangé son taux de refinancement à 1,0%.

"Je suis désolé de dire que je ne peux rien dire sur la manière dont nos avoirs en obligations de l'Etat grec... seront traités", a-t-il ajouté.

Mario Draghi participera à la réunion de l'Eurogroupe qui doit se prononcer jeudi sur le deuxième plan d'aide à la Grèce d'un montant de 130 milliards d'euros. Le ministre des Finances néerlandais a d'ores et déjà déclaré qu'il n'y aurait pas d'accord définitif ce jeudi sur ce deuxième plan.

FINANCEMENT MONÉTAIRE OU PAS?

Athènes a demandé à la BCE de lui transférer les profits réalisés sur son portefeuille de titres de l'Etat grec, ce qui permettrait de mobiliser 12 milliards d'euros voire plus pour couvrir ses besoins de financement. Les 23 membres du Conseil des gouverneurs de la BCE n'étaient pas parvenus mercredi à un accord sur ce sujet.

La BCE a exclu de se joindre aux créanciers privés de la Grèce pour accepter une décote volontaire sur la dette souveraine grecque mais elle pourrait rétrocéder par un biais détourné les profits sur les obligations acquises en dessous de leur valeur faciale.

Si le portefeuille d'obligations de l'Etat grec de la BCE recèle des plus-values latentes, elle pourrait les distribuer sans enfreindre l'interdiction de financer directement des Etats, a déclaré Mario Draghi. En revanche, le président de la BCE a précisé que des pertes éventuelles équivaudraient à un financement monétaire.

Prié de dire si la BCE pourrait vendre ses avoirs en obligations au Fonds européen de stabilité financière (FESF) à la valeur à laquelle elle les a acquis, Mario Draghi a laissé entendre que la BCE devrait transférer le bénéfice aux Etats lorsqu'il aurait été réalisé.

"Le FESF, c'est l'Etat. Donc si la BCE donne de l'argent à l'Etat, c'est du financement monétaire. Si la BCE distribue une partie de ses bénéfices à ses Etats membres suivant une clé de répartition, ce n'est pas du financement monétaire", a déclaré Draghi lors de sa conférence de presse.

Certains représentants de la BCE ne cachent pas leur réticence à la voir contribuer à l'effort de restructuration de la dette grecque de crainte que la pression sur Athènes ne soit trop allégée. Le Traité de Maastricht interdit à la BCE de financer directement les Etats.

"La question est de savoir si l'indépendance de la BCE a un prix", a estimé Carsten Brzeski, économiste chez ING. "Je pense qu'il est hors de question que la BCE subisse une perte. J'attends de voir si cela est confirmé et ouvre peut être la porte à ce qu'elle ne réalise pas de profit non plus."

SIGNES DE STABILISATION

L'euro s'est apprécié contre le dollar et les Bourses européennes ont accentué leurs gains après la confirmation par Draghi de l'accord entre responsables politiques grecs.

En dépit d'indicateurs conjoncturels montrant un début de stabilisation de la zone euro fortement affectée par la crise de la dette souveraine, le président de la BCE s'est voulu prudent, ce qui n'exclut pas une éventuelle baisse du taux de refinancement sous son plus bas record de 1,0%.

"Les indicateurs disponibles confirment quelques signes provisoires de stabilisation de l'activité économique à un niveau bas au tournant de l'année. Mais les perspectives économiques restent sujettes à un degré élevé d'incertitudes et des risques baissiers", a-t-il dit.

Une enquête réalisée par Reuters auprès de 71 économistes avant la décision de jeudi montre que 41 d'entre eux s'attendent à ce que la BCE abaisse ses taux directeurs en mars. Certains économistes estiment que le conseil des gouverneurs du 8 mars se déroulant peu après la deuxième opération de refinancement à trois ans (LTRO) du 29 février, la BCE préférera attendre un peu plus longtemps avant de baisser ses taux directeurs.

La BCE a injecté 489 milliards d'euros dans le système bancaire lors de la LTRO de décembre et Draghi a estimé qu'un montant équivalent pourrait être servi lors de celle de la fin du mois. La BCE a parallèlement annoncé un nouvel assouplissement de ses règles de collatéral.

Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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