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Marché : La banque postale am se lance dans le prêt direct à l'économie

La banque postale am se lance dans le prêt direct à l'économieLa banque postale am se lance dans le prêt direct à l'économie

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - La Banque postale Asset Management (LBPAM) se lance dans le prêt direct à l'économie, une nouvelle activité pour répondre à une situation nouvelle créée par la crise : des besoins de financement non satisfaits par les banques et des investisseurs à la recherche de rendement dans un environnement de taux très bas.

LBPAM se propose de financer à long terme deux grands domaines d'activité économique en Europe, l'immobilier et les infrastructures, confrontés au resserrement drastique du crédit bancaire depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008 et les nouvelles exigences des régulateurs qui s'en sont suivies (Bâle III).

Le comité de Bâle a augmenté le niveau des fonds propres que les banques doivent mettre en réserve pour couvrir le risque lié à l'activité de crédit.

"Il y a un besoin important de financement de l'économie à long terme et des banques qui prêtent moins. L'Asset Management (gestion d'actifs) vient s'insérer dans ce nouveau dispositif", a déclaré Jean-Luc Enguéhard, président du directoire de LBPAM, mardi lors d'un point de presse.

C'est une évolution dans laquelle LBPAM, très investi en obligations corporate et souveraines, compte se développer, a-t-il ajouté.

Parallèlement au resserrement du crédit bancaire, la crise qui sévit depuis cinq ans s'est traduite par des taux d'intérêt tombés à des niveaux extrêmement bas - d'où la recherche par les investisseurs de produits sûrs mais aux rendements supérieurs aux emprunts des Etats les mieux notés.

UN "MOUVEMENT STRUCTUREL"

"Notre conviction est que ce mouvement est structurel et qu'il est appelé à durer", a expliqué René Kassis, directeur de la gestion fonds de dette.

Dans le domaine des infrastructures (hôpitaux, transports, routes, aéroports, services aux collectivité), le besoin de financement est de l'ordre de 140 à 160 milliards par an, a-t-il indiqué, ajoutant qu'il est difficile de chiffrer les besoins non satisfaits par les banques.

Dans l'immobilier, le besoin de financement non satisfait s'élève à quelque 100 milliards d'euros par an.

Selon les chiffres de LBPAM, les conditions de financement des infrastructures exigées par les banques sont passées du taux Euribor + 50 à 100 points de base avant la crise de 2008 à Euribor + 250 à 350 pdb cette année. Dans l'immobilier, elles sont passées de Euribor + 60 à 80 pdb à Euribor + 200 à 300 pdb.

LBPAM entend intervenir sur le marché primaire des prêts, avec d'autres acteurs, pour financer de nouveaux projets, mais aussi sur le marché secondaire via l'achat de créances bancaires de haute qualité.

Vincent Cornet, directeur de la gestion, a précisé que les actifs seraient nécessairement de la dette senior notée investment grade. L'offre de LBPAM dans ce domaine offre un bon couple rendement/risque et s'adresse exclusivement à ses clients investisseurs institutionnels.

Le premier fonds, dont la collecte sera close fin novembre, aura un encours de 500 millions d'euros qui seront investis sur une période de 18 mois à raison de 25 à 50 millions d'euros par opération.

Interrogé sur la rémunération qu'attendait LBPAM, René Kassis a répondu qu'elle serait celle du marché.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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