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Marché : L'opep discute d'une hausse de production, le brut recule

L'opep discute d'une hausse de production, le brut reculeL'opep discute d'une hausse de production, le brut recule

par Jason Benham et Humeyra Pamuk

KOWEÏT/DUBAÏ (Reuters) - Le Koweït et l'Iran ont confirmé mardi l'existence de discussions au sein de l'Opep à propos d'un relèvement de la production pétrolière, mais le cartel n'a pas encore pris de décision sur une éventuelle hausse des quotas pour enrayer la flambée des cours du brut.

Même si Téhéran a jugé inutile de renforcer l'offre, ces annonces ainsi que des informations de presse selon lesquelles Mouammar Kadhafi chercherait une issue "honorable" pour lui et ses proches en Libye ont permis d'atténuer légèrement la tension sur le marché pétrolier, alimentée ces dernières semaines par les troubles au Moyen-Orient et par l'insurrection libyenne qui a entraîné l'arrêt partiel de la production du pays.

A 11h45 GMT, le baril de brut léger américain cédait 0,19% à 105,25 dollars après avoir touché lundi en clôture son plus haut niveau depuis septembre 2008. Le Brent de la mer du Nord perdait 0,11% à 114,91 dollars le baril.

"Nous sommes en consultations sur une possible hausse de la production", a annoncé à la presse le cheikh Ahmed Abdallah al Sabah, ministre koweïtien du Pétrole, ajoutant que son pays n'avait pas encore augmenté ses livraisons.

Il n'a pas précisé quand l'Opep pourrait prendre une décider sur ses quotas ni si les ministres concernés pourraient se réunir prochainement pour évoquer la question.

Le représentant de l'Iran à l'Opep Mohammad Ali Khatibi a toutefois estimé qu'il n'était pas nécessaire d'accroître l'offre, en faisant valoir que les inquiétudes des pays consommateurs étaient principalement "psychologiques".

"Il n'y a pas de pénurie sur le marché. Il n'est pas nécessaire d'augmenter davantage l'offre de l'Opep", a-t-il dit à Reuters. "J'ai entendu parler de consultations entre ministres, il n'y a pas de décision concrète concernant une réunion d'urgence de l'Opep."

L'Iran préside actuellement le cartel pétrolier.

La prochaine réunion de l'organisation est prévue en juin mais les pressions pour avancer le calendrier se sont accentuées depuis que le baril de Brent a touché le 24 février un pic à 119,79 dollars, son plus haut niveau depuis 2008.

"EFFET PSYCHOLOGIQUE"

Mohammad Ali Khatibi, qui a estimé entre 700.000 et 800.000 barils par jour la production de brut libyen actuellement manquante, a jugé que les niveaux actuels de production de l'Opep restaient malgré tout supérieurs à la demande.

"La production de février était aux alentours de 29,5 millions de barils, ce qui est supérieur à la demande en brut enregistrée par l'Opep", a-t-il dit.

La production libyenne s'élève en temps normal à 1,6 million de barils par jour (bpj) et est actuellement réduite d'un million de bpj, selon l'Agence internationale de l'énergie.

La production de l'Opep a atteint en janvier son plus haut niveau en deux ans à 29,63 millions de bpj avant de refluer à 29,43 millions de bpj le mois dernier en raison de la crise libyenne.

"Les consommateurs sont inquiets mais c'est un effet psychologique (...) Ce à quoi on assiste n'est pas la demande réelle", a poursuivi Mohammad Ali Khatibi.

Goldman Sachs a relevé mardi sa prévision de cours pour le brut léger américain au second semestre, à 105 dollars contre 100,5 dollars précédemment.

La banque juge que la capacité disponible pour augmenter encore l'offre de l'Opep est entamée par la décision de l'Arabie saoudite de compenser une partie des livraisons libyennes en relevant sa propre production à 9 millions de barils par jour.

Selon le Financial Times, qui cite mardi des responsables du secteur, le Koweït, les Emirats arabes unis et le Nigeria entendent augmenter leur production de 300.000 barils par jour d'ici au début avril pour soutenir l'effort saoudien.

Le Nigeria augmentera sa production de brut si l'Opep le décide, a déclaré mardi la compagnie pétrolière nationale nigériane NNPC.

Le brut léger nigérian est d'une qualité comparable au pétrole libyen et pourrait constituer un bon substitut pour les raffineurs européens.

Avec Joe Brock à Abuja, Pierre Sérisier et Jean Décotte pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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