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Marché : L'ocde constate un ralentissement économique généralisé

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PARIS (Reuters) - L'économie des pays développés comme émergents ralentit, la zone euro semble engagée dans une légère récession à mesure que la crise de la dette se propage et les banques centrales doivent en conséquence engager des politiques monétaires particulièrement accommodantes, estime l'OCDE.

L'Organisation de coopération et de développement économiques, qui publie lundi ses perspectives semestrielles, anticipe désormais une croissance mondiale de 3,8% cette année et de 3,4% en 2012, contre +4,2% et 4,6% respectivement dans ses projections de mai dernier.

Elle identifie plusieurs risques et déséquilibres susceptibles de faire déraper l'activité.

"Les inquiétudes sur la soutenabilité des dettes souveraines dans la zone euro se propagent. La contagion récente (de la crise, NDLR) à des pays jadis perçus comme bénéficiant de finances publiques relativement solides pourrait, si elle n'était pas résolue, dégénérer de manière retentissante", écrit Pier Carlo Padoan, chef économiste de l'organisation.

"Le chômage reste très élevé dans de nombreux pays de l'OCDE et, de façon inquiétante, le chômage de longue durée se généralise", ajoute-t-il.

Le taux de chômage des pays OCDE est attendu à 8% en 2011, 8,1% en 2012 et 7,9% en 2013.

CONSÉQUENCES POTENTIELLEMENT "DÉVASTATRICES"

La zone euro, engluée dans une crise de la dette devenue politique, constitue la principale préoccupation de ce rapport.

"La portée d'un événement négatif majeur dans la zone euro (comme celui d'un défaut) dépendra des canaux à l'oeuvre et de leur virulence. Les conséquences pourraient être relativement bénignes dans certains cas ou hautement dévastatrices dans d'autres", prévient l'OCDE.

L'absence d'accord aux Etats-Unis sur les moyens de réduire les déficits et contrôler les dépenses pourrait quant à elle faire basculer la première économie mondiale dans une récession difficile à résorber par les outils classique de politique monétaire.

Dès lors, L'OCDE estime que les banquiers centraux doivent se préparer au pire au cas où un scénario particulièrement pessimiste devait se matérialiser.

"Des perspectives économiques faibles, couplées à une inflation basse et à des risques baissiers dans la zone OCDE appellent à des politiques fortement accommodantes. Les banques centrales devraient donc amplement fournir de la liquidité pour calmer les tensions des marchés financiers", souligne le document.

"Dans certains pays, au sein desquels un durcissement monétaire est déjà à l'oeuvre, les taux d'intérêt doivent être abaissés," poursuit l'OCDE.

"Les taux doivent être proches de zéro dans la majorité des pays (de l'organisation) et accompagnés du soutien additionnel de mesures non-conventionnelles", allusion claire à l'assouplissement quantitatif déjà pratiqué par la Réserve fédérale américaine et, dans une moindre mesure, par la Banque d'Angleterre mais auquel s'oppose toujours la Banque centrale européenne (BCE).

CONTAGION "PROBABLE" A L'ALLEMAGNE

Dans une interview à Reuters, Pier Carlo Padoan a souligné que la contagion de la crise de la dette à l'Allemagne était "probable", ce alors que Berlin a éprouvé des difficultés à placer de la dette à 10 ans mercredi dernier.

"Le seul acteur à pouvoir arrêter (cette contagion) dans l'immédiat est la BCE", a-t-il dit, avant d'appeler à la mise en place de mécanismes de prêts capés sur les adjudications d'Etat.

Les pays émergents, locomotive de l'économie mondiale ces dernières années, sont également menacés et leurs taux de croissance sont moins élevés qu'il y a six mois.

"Les conditions financières dans ces pays deviennent moins favorables à la croissance. Les écarts de rendements des obligations sont plus importants, les prix des actions ont décliné et la croissance du crédit s'est ralentie, y compris en Chine", explique l'OCDE, qui ajoute qu'une baisse du commerce mondial pénaliserait en premier lieu Pékin.

Les échanges mondiaux sont attendus en hausse de 6,7% en 2011 et de 4,8% en 2012, loin du +12,6% de 2010.

La seule bonne nouvelle pourrait venir du Japon où le tsunami de mars aura fait s'effondrer la croissance cette année. L'OCDE s'attend toutefois à ce que le produit intérieur brut nippon accélère de 2% l'an prochain après un timide +0,2% en 2011.

Matthias Blamont, avec Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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