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Marché : L'italie sous pression, la crise de la dette s'étend

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par Giselda Vagnoni et James Mackenzie

ROME (Reuters) - La pression des marchés sur l'Italie s'est intensifiée mardi, mettant en danger la capacité du deuxième pays le plus endetté de la zone euro à se financer et poussant les autorités italiennes à se réunir d'urgence.

Le rendement des obligations italiennes à 10 ans a atteint en séance son plus haut niveau depuis la création de la monnaie unique, il y a 11 ans, atteignant sensiblement le même niveau que le taux du papier espagnol de même échéance, lui aussi en hausse.

Ce rattrapage souligne qu'aux yeux du marché, les inquiétudes autour de la capacité de Rome à honorer ses échéances sont en train de supplanter les craintes au sujet de Madrid.

L'indice phare de la Bourse de Milan a touché mardi son plus bas niveau depuis 27 mois, plombé par la chute des banques affichant une forte exposition à la dette italienne. Le titre Unicredit chutait de 4,43% vers 14h30 GMT, tandis qu'Intesa Sanpaolo cédait 3,36%.

De son côté, l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 a atteint un plus bas de 10 mois, les investisseurs redoutant que le ralentissement économique mondial qui semble s'ébaucher ne pénalise encore davantage les pays européens en délicatesse avec leurs finances.

"La peur du marché, c'est de voir le monde retomber à nouveau en récession (...) et dans la zone euro, les marchés périphériques sont ceux qui souffriront le plus", estime Alessandro Giansanti, stratège pour ING à Amsterdam.

ZAPATERO RETARDE SES VACANCES

Le ministre italien de l'Economie, Giulio Tremonti, a présidé dans la journée une réunion du Comité de stabilité financière, en présence de représentants de la Banque d'Italie, de l'autorité des marchés financiers (la Consob) et du régulateur des assurances (ISVAP).

Cette réunion intervenait à la veille d'une déclaration devant le parlement de Silvio Berlusconi, président du Conseil, sur la situation économique du pays. Mercredi matin, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe s'entretiendra avec Giulio Tremonti au Luxembourg.

A l'issue de sa réunion, le Comité de stabilité financière a déclaré dans un communiqué que le système financier italien restait solide grâce aux mesures prises récemment pour renforcer les fonds propres et les réserves de liquidités des banques italiennes. Il a cependant ajouté qu'il continuait à surveiller de près l'évolution de la situation.

En Espagne, le président du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a décidé mardi de retarder son départ en vacances, afin de suivre les derniers développements de la crise, et notamment la nouvelle envolée de la prime de risque attachée à la dette de Madrid.

L'écart de rendement entre les obligations espagnoles et allemandes à 10 ans est passé au-dessus du seuil symbolique des 400 points, un niveau jamais atteint depuis la création de la zone euro, avant de se replier.

De son côté, le papier italien à 10 ans a vu son rendement dépasser la barre des 6% au-delà de laquelle se sont accentuées les inquiétudes sur la capacité de Rome à se financer.

"La barre des 6% était vue comme une ligne jaune pour les rendements italiens et maintenant qu'elle est franchie, les gens ne veulent accepter aucun risque à part l'Allemagne", juge un trader.

Conséquence de cette forte demande d'obligations allemandes, le Bund à 10 ans a cessé mardi d'offrir une prime vis-à-vis de l'inflation, une première depuis plus d'un demi-siècle.

Alors que la plupart des dirigeants européens sont en vacances, plusieurs institutions internationales ont apporté un soutien verbal à Rome et Madrid face à cette nouvelle poussée de fièvre.

La Commission européenne (CE) s'est dite "confiante dans la capacité" des deux pays à prendre les mesures nécessaires pour maintenir leurs finances à flot.

Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, a estimé dans une interview à Reuters que l'Italie maintenait son budget sous contrôle et était en train de prendre les bonnes décisions pour réduire son déficit.

DOUTES SUR LE PLAN D'AIDE À LA GRÈCE

L'Italie est sous le feu nourri des marchés en raison de sa faible croissance et de son taux d'endettement qui représente 120% de son produit intérieur brut (PIB), soit le deuxième plus fort ratio de la zone euro derrière la Grèce avec près de 160% de son PIB.

En outre, l'instabilité politique au sein de la coalition de centre-droit au pouvoir à Rome alimente l'inquiétude des marchés, avec notamment des procédures judiciaires ouvertes à l'encontre du président du Conseil Silvio Berlusconi.

Les difficultés de Rome et Madrid, deux poids lourds de la zone euro, jettent également le doute sur le financement des programmes d'aide déjà consentis à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal sous l'égide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Même si Italie et Espagne se financent à des rendements bien plus élevés que le taux des prêts alloués à la Grèce (3,5%), la CE a assuré mardi que tous les pays engagés participeraient au plan prévu.

"Il n'est pas question qu'un pays ne participe pas à la prochaine tranche d'aide à la Grèce, y compris l'Italie et l'Espagne", a déclaré la porte-parole de la CE Chantal Hughes.

"Toutefois, si un pays est confronté à un coût de financement plus élevé maintenant que lorsque que la prochaine tranche d'aide sera versée, il y a un mécanisme prévu pour assurer que cet écart soit compensé", a-t-elle ajouté.

Jean Décotte et Guy Kerivel pour le service français

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