Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : L'italie et chypre vulnérables à la contagion en zone euro

Marché : L'italie et chypre vulnérables à la contagion en zone euro

tradingsat

par Steve Scherer et Jan Strupczewski

ROME/BRUXELLES (Reuters) - L'Allemagne a appelé mercredi l'Italie à poursuivre la mise en oeuvre des réformes engagées par le président du Conseil Mario Monti afin d'éviter de devenir la prochaine victime de la crise de la dette en zone euro, alors que le sauvetage annoncé des banques espagnoles peine à dissiper les inquiétudes des marchés.

"Si l'Italie continue sur la voie de Monti, il n'y aura pas de risques", a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble dans un entretien au quotidien la Stampa.

Signe des inquiétudes du marché, le coût d'emprunt de Rome a atteint mercredi son plus haut niveau depuis six mois, reflet des inquiétudes du marché quant à sa capacité à gérer sa dette.

L'Italie a adjugé pour 6,5 milliards d'euros de bons à 12 mois - soit le total espéré - mais à un rendement qui a bondi à 3,97% contre 2,34% il y a un mois lors d'une opération similaire.

La dette publique de l'Italie, qui atteint 1.900 milliards d'euros, représente 120% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Seule la Grèce affiche un ratio d'endettement plus élevé.

Wolfgang Schäuble a estimé que l'Italie avait fait d'énormes progrès, notamment sur le front de la réforme des retraites et du marché du travail, depuis l'entrée en fonctions à l'automne du gouvernement de techniciens formé par Mario Monti.

Mario Monti, dont la popularité est sur le déclin après quelques mois d'un relatif état de grâce, a demandé de son côté aux parlementaires italiens de lui apporter un soutien politique clair avant une série de rendez-vous internationaux cruciaux pour l'Italie et la zone euro.

"Nous devrions utiliser ces nouvelles difficultés pour redoubler d'efforts à la fois sur le front européen et dans les affaires politiques italiennes", a-t-il dit lors d'un discours à la chambre des députés.

L'EUROPE VOIT SON SALUT DANS UNE PLUS GRANDE INTÉGRATION

Mario Monti a estimé que les dirigeants de l'Union européenne devaient proposer des plans crédibles pour la croissance, comprenant une augmentation des investissements et, à terme, des euro-obligations, afin de lutter contre la contagion de la crise en zone euro.

D'après une courte majorité des 59 économistes et d'analystes interrogés par Reuters quelques jours après l'accord sur le renflouement des banques espagnoles, l'Espagne empruntera bientôt le même chemin que le Portugal, l'Irlande et la Grèce et sollicitera à son tour une aide internationale.

"La situation ne peut être réglée qu'en faisant ce qui doit être fait sur le plan national et avec beaucoup plus d'Europe et beaucoup plus d'intégration", a déclaré le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, appelant à "plus de clarté" pour le projet politique de la zone euro.

Lors du sommet prévu les 28 et 29 juin, les chefs d'Etat et de gouvernement européens devraient appeler à une intégration budgétaire et bancaire bien plus poussée, ainsi qu'à une gouvernance renforcée pour la région, montre un projet de conclusions du sommet, mais ce texte reste flou sur les mesures concrètement envisagées.

LE FACTEUR GREC PÈSE AUSSI SUR CHYPRE

En hausse de début de journée, les Bourses européennes ont terminé la séance en ordre dispersé, la prudence l'emportant avant les élections législatives en Grèce ce dimanche.

L'arrivée possible au gouvernement de partis anti-austérité pourrait en effet compromettre l'aide internationale à Athènes et précipiter sa sortie de l'union monétaire.

Les banques grecques ont enregistré une forte hausse des sorties d'argent à l'approche du scrutin, de nombreux Grecs craignant que le verdit des urnes ne pousse leur pays hors de la zone euro, ont rapporté mercredi des banquiers.

Ces derniers jours, les retraits cumulés des principales banques grecques ont atteint 500 à 800 millions d'euros par jour, le rythme s'accélérant à l'approche du vote, en particulier mardi, ont dit deux banquiers.

Le risque d'une victoire des partis anti-austérité en Grèce affecte aussi la République de Chypre voisine, en raison de la forte exposition des banques chypriotes à la Grèce.

Si Chypre venait à demander une aide à l'Union européenne pour soutenir ses banques en difficulté, le montant de celle-ci pourrait atteindre quatre milliards d'euros, a déclaré dans l'après-midi le ministre chypriote délégué aux Affaires européennes.

Ce dernier a dit à Reuters qu'aucune décision n'avait encore été prise quant aux modalités du sauvetage envisagé, mais qu'un plan d'aide aurait dans tous les cas une dimension européenne.

Chypre pourrait également bénéficier du soutien de la Chine et/ou de la Russie, cette aide pouvant être combinée à des fonds européens.

Avec Valentina Za à Milan, Paul Day à Madrid et Michele Kambas à Nicosie, Natalie Huet pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...