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Marché : L'italie confrontée à des coûts de financement record

L'italie confrontée à des coûts de financement recordL'italie confrontée à des coûts de financement record

par Stefano Bernabei

ROME/BRUXELLES (Reuters) - L'Italie a dû consentir à un rendement record pour placer des obligations à cinq ans mardi, ce qui illustre une nouvelle fois les difficultés éprouvées par Rome à se financer à des niveaux supportables.

L'euro est passé brièvement sous la barre de 1,36 dollar et les Bourses européennes ont creusé leurs pertes après cette opération, avant que ces actifs ne reviennent en territoire positif vers la mi-séance.

L'espoir que la Chine vienne en aide à l'Italie en investissant dans sa dette, une perspective qui avait soutenu les marchés lundi soir et mardi matin, s'est dissipé peu à peu, ce qui a pesé sur l'émission obligataire.

En tout, le Trésor italien a levé 6,485 milliards d'euros, dont 3,865 milliards sur de nouveaux titres à cinq ans, écoulés à un rendement sans précédent de 5,60%.

Le ratio de couverture de l'adjudication à cinq ans a atteint 1,279, soit bien moins que lors de la dernière opération similaire, où il s'était établi à 1,93.

Le coût de financement auquel doit faire face l'Italie s'est envolé malgré les rachats de titres de dette souveraine effectués ces dernières semaines par la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir l'Italie - un programme qui a conduit à la démission fracassante de Jürgen Stark vendredi.

"Une adjudication décevante, où le taux de couverture relativement faible est obtenu à un coût exorbitant", a déclaré Richard McGuire, analyste technique chez Rabobank.

Le ministre italien de l'Economie, Giulio Tremonti, a rencontré la semaine dernière une délégation chinoise, a déclaré mardi un porte-parole du Trésor italien, qui n'a pas toutefois pas souhaité faire de commentaires sur la teneur de la rencontre.

Ces propose interviennent au lendemain d'un article publié par le Financial Times rapportant que l'Italie avait demandé à la Chine de soutenir sa dette en achetant des quantités "significatives".

URGENCE À AGIR

Les dirigeants chinois ont publiquement exprimé à plusieurs reprises leur soutien à une zone euro empêtrée dans ses difficultés.

Mais, selon le Wall Street Journal citant une source proche du dossier, il n'est pas sûr que les discussions entre la Chine et l'Italie aboutissent, soulignant que des visites de délégations chinoises en Grèce et dans d'autres pays de la zone euro en difficultés avaient soulevé des espoirs d'investissement de la deuxième économie mondiale qui ne sont jamais matérialisés.

Le regain des inquiétudes des investisseurs au sujet des difficultés italiennes s'est traduit par un nouveau creusement de l'écart de rendement entre obligations italiennes et allemandes, à 394 points de base.

Ce niveau est proche du pic de 400 points de base atteint en août, juste avant que la Banque centrale européenne ne vole au secours de l'Italie en rachat des obligations souveraines émises par Rome.

Lundi, le CDS à cinq ans de l'Italie a atteint un nouveau record de 505 points de base, en hausse de 38 points de base, selon Markit, qui suit ce marché de dérivés. Cela signifie qu'il en coûte 505.0000 euros pour se prémunir contre 10 millions d'expositions aux obligations souveraines italiennes.

L'Italie est arrivé sur le devant de la scène de la crise de la dette en raison de sa croissance atone et de son endettement de 1.900 milliards d'euros, représentant quelque 120% du produit intérieur brut du pays.

Les députés italiens sont en train d'examiner le plan d'austérité présenté par le gouvernement de Silvio Berlusconi qui prévoit de ramener le budget de l'Italie à l'équilibre en 2013.

Le Sénat italien a approuvé mercredi dernier par le biais d'un vote de confiance le plan d'austérité censé rapporter 54 milliards d'euros selon le Trésor italien.

Les députés italiens seront appelés à se prononcer mercredi par un vote sur le plan d'austérité du gouvernement italien, a déclaré mardi le président du Conseil, Silvio Berlusconi.

Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a déclaré que la mise en oeuvre de ce programme d'austérité était crucial non seulement pour l'Italie mais pour la zone euro dans son ensemble.

Selon les économistes, le coût d'un plan de sauvetage du pays épuiserait d'un coup toutes les ressources du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Stefano Bernabei à Rome, Gregory Schwartz et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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