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Marché : L'italie a besoin d'un engagement international fort

L'italie a besoin d'un engagement international fortL'italie a besoin d'un engagement international fort

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - Mettre un terme à la glissade financière de l'Italie nécessitera probablement les efforts conjugués de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et du Fonds européen de stabilité financière, et il est loin d'être acquis que les dirigeants européens soient prêts à se lancer dans cette mission.

La première condition pour Rome serait de trouver au plus vite un remplaçant au président du Conseil Silvio Berlusconi et d'adopter rapidement les réformes structurelles demandées par l'Union européenne et le FMI.

Un tel geste pourrait jouer le rôle d'aiguillon pour les dirigeants de la zone euro, qui selon des sources autorisées n'envisagent pas pour le moment de venir en aide à l'Italie, même si ses coûts de financement ont bondi ces derniers jours.

"Une assistance financière n'est pas au programme", a déclaré mercredi un responsable de la zone euro, en précisant que la zone euro n'envisageait même pas d'augmenter une ligne de crédit déjà octroyée à Rome.

Il pourrait même être déjà trop tard: le rendement des obligations d'Etat italiennes à 10 ans a franchi le seuil de 7% considéré comme critique. Et de nombreux analystes estiment que le mouvement massif de vente de dette italienne a atteint un point de non-retour qui menace à terme la zone euro d'éclatement.

"Si on laisse l'Italie faire faillite, c'est la fin de la zone euro", a prévenu Nicholas Spiro, directeur du cabinet de consultants Spiro Sovereign Strategy.

LES USA ACCENTUENT LA PRESSION

Si la zone euro peut s'imaginer sans certains petits pays tels que la Grèce ou le Portugal, il serait en revanche inconcevable, pour la plupart des observateurs, d'en voir sortir l'Italie, sa troisième économie et l'un des membres fondateurs de ce qui n'était pas encore l'Union européenne, en sorte.

Mercredi, le taux de rendement de la dette italienne à dix ans a dépassé 7,5%, et l'écart entre les titres italiens et allemands a atteint 5,7 points de pourcentage. Ces deux indicateurs ont ainsi franchi le seuil qui avait forcé l'Irlande et le Portugal à quitter les marchés financiers et à solliciter une aide internationale.

Plus grave, le rendement de la dette à deux ans a dépassé celui des titres à dix ans pour la première fois depuis la création de l'euro, signe clair que les investisseurs doutent de plus en plus de la solvabilité de Rome.

Ces taux seraient encore bien plus élevés sans les opérations de rachat menées avec résolution par la BCE. Désormais, l'institution de Francfort se voit contrainte, pour sauver l'Italie, d'assumer le rôle de prêteur de dernier recours, ce qu'elle s'est jusqu'à présent refusée à faire.

La dette italienne dépasse 1.900 milliards d'euros, ce qui en fait la quatrième plus importante au monde en volume. Et ses besoins de financement sont trop élevés pour que le FESF ou le FMI puissent renflouer seuls le pays.

Alors que la crise italienne a entraîné un repli général des marchés, les Etats-Unis ont appelé Rome à accélérer les réformes budgétaires et structurelles.

Lael Brainard, chargé des affaires internationales au Trésor américain, a également jugé que le FMI disposait des ressources nécessaires pour résoudre la crise européenne et qu'il pouvait en outre jouer un rôle important dans le contrôle des réformes italiennes.

Les besoins de financements de l'Italie sont modestes pour les deux mois à venir, mais s'alourdiront au début de l'année prochaine: plus de 150 milliards d'euros de dette arriveront à échéance entre les mois de février et d'avril.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Nicolas Delame et Marc Angrand

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