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Marché : L'inflation entame le moral des ménages français

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par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Les craintes suscitées par la hausse des prix ont entamé ces dernières semaines la confiance des ménages français, ce qui pourrait conduire certains d'entre eux à puiser un peu plus dans leur épargne pour maintenir leur consommation.

L'indicateur synthétique de la confiance des ménages publié par l'Insee a reculé à 83 après 85 en février. Seize économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de 84.

Tombé à 77 en octobre 2008 au plus fort de la crise financière, ce baromètre du moral des consommateurs était remonté à 91 début 2010 et se situait encore à 89 en novembre.

La baisse de mars l'éloigne un peu plus de sa moyenne historique de 100, en dessous de laquelle il évolue depuis septembre 2007.

Elle n'est toutefois pas forcément annonciatrice d'un coup de frein marqué à la consommation, estime Frédérique Cerisier, économiste de BNP Paribas.

"La confiance des ménages est un indicateur qui n'est pas très bien corrélé avec la consommation. Mais il est certain que le redressement de l'inflation pose un problème pour l'évolution du pouvoir d'achat. C'est inquiétant et c'est quelque chose qu'il ne faut pas prendre à la légère."

Face à la hausse, notamment, des prix des carburants et des produits alimentaires, la consommation des ménages en produits manufacturés a reculé de 0,5% en janvier. L'Insee publiera mardi prochain les chiffres de février, un mois pour lequel les économistes tablent sur un rebond de 0,4%.

En mars, l'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution de leur niveau de vie baisse de trois points par rapport au mois dernier. Si les craintes d'une augmentation du chômage refluent nettement (-9 points) dans l'enquête de l'Insee, retrouvant leur niveau de l'été 2008, avant la crise financière, les ménages sont plus nombreux à estimer que l'inflation passée a augmenté (+5 points).

FOURMIS

Et surtout, leur opinion sur l'évolution future de l'inflation affiche un bond de 15 points, pour atteindre un niveau sans précédent depuis juillet 1995.

Quant à leur jugement sur leur capacité à épargner au cours des prochains mois, il reste proche de la stabilité, en dessous de sa moyenne historique. Un facteur qui aura évidement une incidence sur le taux d'épargne, déjà orienté à la baisse fin 2010.

Les chiffres du produit intérieur brut au quatrième trimestre montrent en effet un repli d'un demi-point du taux d'épargne par rapport aux trois mois précédents, à 15,6%.

Et cette tendance pourrait se maintenir cette année, estime Cyril Blesson, économiste et fondateur des Cahiers de l'épargne.

"Les difficultés du pouvoir d'achat fin 2010, qui s'expliquent par des facteurs structurels comme la faiblesse du marché du travail mais aussi par la bouffée inflationniste, notamment sur les prix de l'énergie, ne sont pas en train de se tasser", a-t-il expliqué à Reuters.

"On va donc rester dans un environnement de pressions sur le pouvoir d'achat, donc d'utilisation d'une partie du taux d'épargne pour lisser la consommation."

Le maintien de taux d'intérêt bas, la baisse des rendements de l'assurance vie l'an dernier, ou encore la perspective d'une réforme de la fiscalité du patrimoine, favorisent parallèlement une réaffectation d'une partie de l'épargne au profit de supports plus liquides, ajoute-t-il, comme le Livret A ou les comptes à terme.

Même orienté à la baisse, le taux d'épargne en France reste nettement supérieur à celui de l'Allemagne (11,5%), de l'Espagne (16,9%) ou du Royaume-Uni (moins de 5%).

"La France a toujours l'un des taux d'épargne les plus élevés de l'ensemble des pays de l'OCDE", conclut Cyril Blesson. "De ce point de vue-là, nous restons un pays de fourmis."

édité par Patrick Vignal

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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