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Marché : L'industrie aux abois, la récession se précise

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PARIS (Reuters) - Les industriels français dépriment avec la crise de l'euro en dépit du volontarisme affiché par le gouvernement et la faiblesse persistante du secteur conforte les risques d'une entrée en récession de l'économie française.

A la veille de la présentation d'un plan de soutien à la filière automobile sinistrée, l'enquête mensuelle de conjoncture de l'Insee sur le climat des affaires pour le mois de juillet montre une nouvelle érosion du moral des industriels.

Parallèlement, l'activité dans le secteur manufacturier s'est contractée à un rythme sans précédent depuis mai 2009, selon les premiers résultats de l'enquête Markit auprès des directeurs d'achat pour la même période.

L'indicateur général du climat des affaires, calculé par l'Insee à partir des réponses des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité, a perdu deux points en juillet à 87. L'indicateur synthétique du climat des affaires dans l'industrie a perdu un point à 90 et celui du bâtiment a reculé de deux points à 95.

L'indice Markit des directeurs d'achat dans le secteur manufacturier est, quant à lui, tombé à un plus bas depuis mai 2009, revenant à 43,6, bien en-dessous du seuil de 50 qui départage les phases d'expansion et de contraction de l'activité.

Cette contraction du secteur, plus marquée qu'attendu par les économistes qui anticipaient un indice à 45,5, a été compensée par un rebond non moins inattendu dans les services.

L'indice PMI dans les services est ressorti à 50,2 contre 47,9 en juin et 47,8 attendu en moyenne par les 18 économistes interrogés par Reuters.

L'enquête Insee sur le climat des affaires fait quant à elle état d'une stabilisation du moral des chefs d'entreprise dans les services.

VERS UNE RÉCESSION ?

Pour Chris Williamson, économiste en chef chez Markit, le rebond dans les services reflète sans doute un retour à la normale après les perturbations liées aux échéances électorales du printemps.

"Malheureusement, la tendance que nous constatons dans le secteur manufacturier est une meilleure indication de la situation sous-jacente", souligne-t-il.

Il s'attend à voir l'économie française entre en récession, les données du mois de juillet étant annonciatrices, selon lui, d'une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 0,4% au troisième trimestre après un recul attendu de 0,6% au deuxième trimestre 2012.

"Dans notre scénario, la contraction attendue du PIB se limite au deuxième trimestre mais ces chiffres soulignent le risque qu'elle se prolonge au-delà", prévient quant à elle Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas CIB, dans une note de recherche.

Les premiers résultats sur l'évolution du PIB au deuxième trimestre seront publiés le 14 août par l'Insee, qui, dans sa dernière note de conjoncture, a dit s'attendre à une stagnation de l'activité sur la période et à une croissance de 0,1% au troisième trimestre et de 0,2% au quatrième.

La Banque de France a confirmé qu'elle anticipait une contraction de 0,1% du PIB au deuxième trimestre, lors de la publication de son enquête mensuelle de conjoncture pour le mois de juin.

Le gouvernement a abaissé le 3 juillet sa prévision de croissance pour cette année et l'année prochaine, tablant sur une progression du PIB de 0,3% en 2012 et de 1,2% en 2013 contre 0,5% et 1,7% respectivement dans le chiffrage du programme de François Hollande.

L'Insee prévoit pour cette année une croissance du PIB de 0,4% et les prévisions des économistes pour 2013 sont dans l'ensemble inférieures au nouveau chiffre du gouvernement.

Marc Joanny, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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