Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : L'exode des banques de la dette souveraine s'accélère

Marché : L'exode des banques de la dette souveraine s'accélère

L'exode des banques de la dette souveraine s'accélèreL'exode des banques de la dette souveraine s'accélère

par Lionel Laurent et Steve Slater

LONDRES/PARIS (Reuters) - Les banques, en particulier BNP Paribas et ING, ont décidé de se délester de milliards d'euros de dette souveraine de la zone euro, afin de réduire leur exposition aux pays jugés les plus fragiles de la région.

D'autres établissements financiers devraient leur emboîter le pas, échaudés par la crise de la zone euro, encore accentuée par les spéculations sur une sortie de la Grèce de l'euro, ce qui dévaloriserait la dette publique de la République hellénique.

"La valeur de marché de la dette des pays qui sont surveillés de plus près devrait baisser encore avec le désengagement des banques vis-à-vis de la dette souveraine", a observé mercredi Charles Dallara, directeur général de l'Institut de la finance internationale (Ifi).

BNP, le plus gros détenteur privé étranger de dette publique grecque, a annoncé jeudi avoir passé 2,2 milliards d'euros de dépréciations sur la dette souveraine grecque détenue dans ses comptes.

Le gouvernement français a demandé à la banque de ne pas vendre la dette grecque qu'elle détenait, afin de ne pas contribuer à la déstabilisation de la zone euro, rapporte un banquier senior, qui n'a pas voulu être identifié.

La BNP, qui a ramené ainsi ses créances sur l'Etat grec à 40% de leur valeur, a également perdu 362 millions d'euros au troisième trimestre avec la vente de presque 25 milliards d'euros de dette souveraine, soit un quart de son portefeuille. La première banque française a notamment réduit de 8,3 milliards son portefeuille de titres italiens, pour le ramener à 12,2 milliards d'euros.

LA BCE, PLUS GROS ACHETEUR

Reste que ce retrait ne se limite pas aux économies les plus vulnérables à la crise de la dette en zone euro.

Au-delà de la contraction de 2,2 milliards d'euros de son portefeuille de dette espagnole, ramené à 0,5 milliard, BNP a réduit son portefeuille d'un milliard sur la dette française, à 13,8 milliards, et de 1,4 milliard sur la dette allemande, à 2,5 milliards d'euros.

De la même manière, le groupe financier ING a annoncé jeudi avoir réduit ces quatre derniers mois de 5,4 milliards son portefeuille de dette grecque, italienne, irlandaise, portugaise et espagnole. La banque néerlandaise a passé notamment une charge de 467 millions d'euros sur ses créances souveraines grecques.

L'Ifi, qui regroupe les principales institutions financières mondiales, dont la moitié en Europe, a déclaré dans une lettre avant la réunion du G20 à Cannes que cette réduction de la voilure sur la dette souveraine était directement liée aux nouvelles contraintes imposées par les autorités en termes de fonds propres et de liquidités.

Parmi les acquéreurs peuvent figurer des fonds alternatifs, mais la Banque centrale européenne devrait être de loin le plus gros acheteur sur le marché secondaire. BNP a toutefois précisé avoir reclassé sa dette italienne sur le marché et non auprès de la BCE.

Barclays a également annoncé la semaine dernière avoir réduit de 31% son exposition à la dette espagnole, italienne, portugaise, irlandaise et grecque au troisième trimestre à huit milliards d'euros, essentiellement via des cessions.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...