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Marché : L'ex-dg évoque des comportements "répréhensibles" chez barclays

L'ex-dg évoque des comportements L'ex-dg évoque des comportements

par Matt Scuffham

LONDRES (Reuters) - Les courtiers de Barclays qui ont manipulé les taux d'intérêt interbancaires (Libor) se sont comportés "de manière répréhensible", a déclaré mercredi Bob Diamond, l'ancien directeur général de la banque britannique, tout en estimant que cette dernière était injustement pointée du doigt dans lce scandale.

Bob Diamond, qui s'est exprimé devant une commission parlementaire britannique, a démissionné mardi, une semaine après la signature d'un accord à l'amiable par lequel la banque a accepté de verser 453 millions de dollars aux autorités britanniques et américaines pour mettre fin à l'amiable aux poursuites engagées à son encontre.

La classe politique britannique s'est emparée de cette affaire, vue comme un symbole d'une course à l'avidité qui semble s'être emparée de secteur financier dans son ensemble.

Les journaux ont publié des courriers électroniques qui montrent des courtiers se félicitant d'avoir trafiqué les données et se promettant des bouteilles de champagne.

Adoptant une posture humble devant les parlementaires, l'homme qui fut jusqu'à mardi l'un des dirigeants d'entreprise les mieux payés au monde, a pris acte du comportement "inexcusable" de certains des salariés de Barclays.

"Quand je j'ai lu les courriers électroniques de ces courtiers, je me suis senti mal. Ce comportement était répréhensible, c'était mal. Je suis désolé, je suis déçu et je suis également en colère", a-t-il dit.

Mais Bob Diamond a présenté son ancienne banque comme le bouc émissaire de cette affaire, estimant qu'elle avait été livrée à la vindicte parce que Barclays avait coopéré avec les autorités afin de mettre un terme aux malversations alors que d'autres banques sont également concernées.

"Cette semaine, l'attention s'est concentrée sur Barclays parce que nous étions les premiers. Je pense que cela témoigne de la culture de Barclays, que nous voulions être les premiers, nous voulions être rapides et que nous voulions en finir avec cela", dit Bob Diamond.

D'AUTRES BANQUES IMPLIQUÉES

S'exprimant sur sa démission, intervenue alors qu'il avait dit la veille vouloir rester à son poste, Bob Diamond dit avoir réalisé s'être retrouvé au centre des projecteurs et l'objectif des critiques.

La tentative de manipulation du Libor, qui s'est déroulée entre 2005 et 2009 selon les autorités, implique que des millions d'emprunteurs ont payé un taux d'intérêt majoré ou minoré sur leur dette.

Le gouvernement américain a mis en cause plusieurs dirigeants de Barclays dans l'accord passé. Il a fait référence à de très nombreux courriels de la banque montrant qu'elle avait cherché à manipuler le Libor pour réaliser des gains sur des opérations de marché et pour masquer ses coûts élevés de refinancement pendant la crise financière.

Les tentatives de manipulation du Libor font l'objet d'une enquête internationale plus large depuis l'année dernière au moins impliquant plusieurs grands établissements comme Citigroup, HSBC, Royal Bank of Scotland et UBS. Y participent les autorités suisses, japonaises et canadiennes.

Les parlementaires britanniques ont interrogé Bob Diamond sur une note interne datant de 2008 dans laquelle il dit avoir été implicitement encouragé par le gouverneur adjoint de la Banque d'Angleterre, Paul Tucker, à manipuler les taux à la baisse pour que la situation financière de la banque paraisse meilleure qu'elle ne l'était réellement au plus fort de la crise financière.

Selon cette note, Paul Tucker aurait dit à Bob Diamond qu'il avait reçu des appels de hauts responsables gouvernementaux et aurait ajouté: "On n'aurait pas toujours eu besoin d'apparaître aussi haut qu'on ne l'a été récemment".

Il a expliqué avoir eu peur que le gouvernement ne nationalise sa banque s'il s'était aperçu que Barclays payait des taux d'intérêt plus élevés que ses concurrents.

"Ils auraient pu se dire :'mon Dieu, ils ne peuvent plus se financer. Nous devons les nationaliser'.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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