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Marché : L'europe planche sur le plan français pour la grèce

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy a annoncé lundi les grandes lignes d'un plan français prévoyant la participation du secteur privé à la résolution de la crise grecque, un montage qui sert actuellement de base de discussions en Europe pour éviter un défaut de paiement de la Grèce.

Certains banquiers allemands ont fait part de leur intérêt pour ce plan qui a été discuté lundi lors d'une réunion à Rome entre des représentants du lobby bancaire Institute of International Finance (IIF) et du Comité économique et financier de la zone euro.

Cette réunion s'est terminée sans accord mais une source du Trésor italien a précisé à Reuters qu'aucune décision n'était attendue à ce stade des discussions.

Le chef de l'Etat français a indiqué que les créanciers privés pourraient échanger leurs titres de dette grecque contre des obligations à 30 ans à des taux équivalents à ceux des prêts de soutien européens, assorties d'une prime indexée sur la croissance économique de la Grèce.

Une source gouvernementale a expliqué que le plan, proposé par les banques françaises, portait sur les titres de dette d'échéance 2011 à 2014 et prévoyait la mise en place d'une structure de défaisance.

Cette structure (SPV), qui pourrait soit se faire au niveau national soit au niveau européen, aurait l'avantage de sortir les titres de dette grecque des bilans des banques.

Pour 100 de dette portée, les institutions financières participantes recevraient 30 en cash et le SPV investirait 50 dans de nouvelles obligations grecques à 30 ans et 20 en obligations zéro coupon notées AAA d'une durée comparable.

"Ce qui est intéressant, c'est le modèle. Les curseurs peuvent bouger en fonction de comment c'est reçu par les autres banques et par les agences de notation", a expliqué la source, ajoutant que les proportions de dette et de cash n'étaient pour l'heure que des hypothèses de travail.

PAS DE GARANTIE PUBLIQUE

"C'est une initiative des banques, c'est une initiative privée, il n'y a pas de garantie publique", a encore précisé cette source, selon laquelle le montage pourrait être élargi à d'autres types d'investisseurs comme les assureurs et les fonds de pension.

"La question, c'est éventuellement l'élargissement du champ, c'est-à-dire faire participer les assureurs, les fonds de pension et tout ce qui n'est pas banque", a ajouté la source.

Le gouvernement français juge qu'un accord de principe sur ce montage pourrait être trouvé d'ici à la réunion de l'Eurogroupe du 3 juillet.

Nicolas Sarkozy a dit espérer que les partenaires européens de la France acceptent ce plan mais s'est dit prêt à le modifier pour obtenir leur accord.

"Nous avons conclu qu'en étalant les prêts sur une durée de 30 ans, en les mettant au niveau des prêts européens, plus une prime d'indexation sur ce que sera la croissance grecque, il y avait là un système que chaque pays pourrait sans doute trouver intéressant", a-t-il dit.

"Et donc le projet que nous avons, on le met dans le débat comme un élément que nous espérons positif, on est prêt à l'amender aussi, le projet français n'est pas l'alpha et l'oméga."

Les responsables de la zone euro cherchent la manière d'impliquer le secteur privé dans un deuxième plan d'aide à la Grèce sans que cela conduise les agences de notation à estimer que le pays est en défaut.

L'Union européenne et le Fonds monétaire international ont prévenu qu'ils ne verseraient pas la cinquième tranche, d'un montant de 12 milliards d'euros, du plan d'aide élaboré en 2010 pour sauver la Grèce de la faillite, si cette dernière ne prenait pas de mesures d'austérité supplémentaires d'ici au 3 juillet.

Le Parlement grec a commencé à débattre lundi de ces mesures et doit se prononcer mercredi sur le cadre global du plan d'austérité puis, jeudi, sur les mesures spécifiques permettant sa mise en oeuvre.

Parallèlement, trois sources ont indiqué à Reuters lundi que la zone euro planchait activement sur un plan de secours en cas de vote négatif du Parlement grec. Selon ces sources au fait de ces préparatifs, il s'agit d'un plan anti-contagion, distinct de la proposition française, en cas de défaut de la Grèce sur sa dette.

Avec Julien Ponthus, Raoul Sachs, Jean-Baptiste Vey, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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