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Marché : L'euro s'approche des 1,31 dollar après la fed

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(CercleFinance.com) - Il est vain de jouer contre les banques centrales : tel semble être le message sur l'ensemble des marchés financiers aujourd'hui, changes compris. Vendredi midi, après le lancement d'un nouveau train de rachats d'actifs par la Fed hier, la monnaie unique européenne prenait 0,76% à 1,3086 dollar l'euro, un sommet de quatre mois matérialisant ainsi une hausse de plus de 2% en une semaine.

Face au yen, l'euro s'envole de 1,5% à 102,1 yens l'euro, au plus haut de ces sept derniers mois. Nombre de cambistes estiment qu'après la BCE et la Fed, la Banque du Japon pourrait à son tour être contrainte à une intervention.

La progression est moins forte face au sterling (+ 0,24% à 0,8060) et elle se poursuit contre le franc suisse (+ 0,22% à 1,2172 franc l'euro).

Qu'a donc annoncé la Fed hier soir ? 'Le comité de politique monétaire (le FOMC) s'inquiète que sans nouvel assouplissement des conditions monétaires, la croissance économique ne soit pas suffisante pour provoquer une amélioration soutenue du marché de l'emploi', indique le communiqué qui semble ainsi faire écho aux chiffres décevants des créations de postes en août. De plus, 'des tensions sur les marchés financiers continuent de faire peser des risques baissiers significatifs sur les perspectives économiques', ajoute la Fed.

En conséquence, la Fed a bel et bien lancé son 3ème plan d'assouplissement quantitatif, dit “QE 3”, qui se caractérisera par des rachats d'actifs obligataires, mais pas n'importe lesquels : pas question cette fois d'emprunts de l'Etat fédéral et de titres d'agences parapubliques, mais uniquement de créances hypothécaires titrisées (“Mortgage backed securities”, MBS). Il s'agit schématiquement d'actifs financiers composés de tranches de différents types de crédits immobiliers, le plus souvent résidentiels, dont les bilans des banques commerciales sont encore chargés. En somme, ce “QE 3” distingue d'abord des précédents par son orientation “100% immobilière”.

Les deux précédents QE comprenaient aussi des limites de taille, et avaient au total représenté 2.200 milliards de dollars de rachats d'actifs environ. Ce “QE 3”, lui, ne compte pas plus de limites de temps que de montant. Le rythme sera de 40 milliards de dollars de rachats par mois.

En outre, le QE se superpose jusqu'à la fin de l'année à la 2ème “opération twist” déjà en cours. L'opération “twist” consiste à ne pas acheter de nouveaux titres, à la différence du QE, mais à vendre les titres à échéances courtes déjà acquis lors des précédents QE pour acheter à la place des titres à échéance plus longues. Ainsi, la Fed fait baisser les taux d'intérêts sur la partie longue de la courbe de taux, ce qui généralement tend à soutenir l'activité économique. Additionnés au QE 3, les rachats d'actifs atteindront 85 milliards de dollars par mois jusqu'à la fin de l'année.

Aussi, la période de taux courts exceptionnellement bas (de 0 à 0,25%) sera prolongée d'un an, de fin 2014 à fin 2015.

Enfin, la Fed a mis à jour ses prévisions de croissance du PIB américain d'une manière contrastée. Si elle a relevé sa prévision pour 2013 de 2,2-2,8% à 2,5-3%, soit +10% en milieu de fourchette, elle a en revanche abaissé celle de 2012 de 14% environ en moyenne, de 1,9-2,4% à 1,7-2%.

Selon Aurel BGC, “le message est clair : la banque centrale ne lutte plus seulement contre un risque de rechute de l'économie, de récession, mais contre la croissance molle des derniers mois. Le taux de chômage est son principal objectif.”

“Les achats du Fed représenteront 35% des émissions nettes (actuelles) mensuelles de MBS. L'action de la Fed ne sera pas neutre sur ce marché”, ajoutent les spécialistes.

Chez RTFX, on indique que “la demande de devises plus risquées a augmenté outre-Atlantique alors que les marchés des indices asiatiques ont enregistré un bond”. “Le billet vert devrait continuer à perdre du terrain dans le court terme après la décision de la Fed mais les analystes sur le Forex excluent toute hausse importante de l'euro au-delà du court terme”, ajoutent-ils..

Selon le bureau d'études parisien NFinance, “les investisseurs 'bull' (haussiers) en ont eu pour leur argent. Maintenant, ils peuvent encore espérer un plan de relance chinois dans le courant du mois d'octobre. Après, ce sera plus compliqué car le spectre de la dette américaine et de la falaise fiscale (le budget fédéral américain) referont surface et viendront alimenter le discours des Cassandres.”

'Les marchés en rêvaient, Ben Bernanke l'a fait”, écrivait hier Nicolas Chéron, analyste chez FXCM. “Nous verrons donc très rapidement si les opérateurs considèrent la période actuelle comme un tournant positif et moyen terme des marchés, ou bien s'ils opèrent des prises de bénéfices, plus aucun catalyseur n'étant désormais attendu dans les semaines à venir, tout du moins un catalyseur positif”, ajoute-t-il.

Les statistiques européennes de la matinée sont dans ce contexte reléguées au second plan. On a appris ce matin que le taux d'inflation annuel de la zone euro a été de 2,6% en août 2012, contre 2,4% en juillet, selon Eurostat qui confirme donc son estimation préliminaire pour août.

Notons toutefois que l'après-midi s'annonce chargé sur le front des indicateurs économiques américains, avec l'inflation et les ventes de détails, puis la production industrielle, l'indice 'UMich' de confiance des consommateurs et les stocks des entreprises.

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