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Marché : L'euro reconsidère le discours de mario draghi

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(CercleFinance.com) - Après une forte volatilité et une clôture en franche baisser hier, le cours de la monnaie unique européenne contre le dollar US retrouvait ses esprits ce midi. La devise a maintenant effacé davantage que les pertes essuyées jeudi. Vers 13 heures, l'euro se reprenait de 0,78% à 1,2278 dollar, soit au-delà de son niveau à la veille de la conférence de presse du président de la BCE, Mario Draghi, qui s'est tenue hier.

La devise reprend aussi 0,58% contre le yen à 95,81 yens, 0,16% contre le sterling à 0,7865 et reste toujours stable contre le franc suisse à 1,2011.

Hier en effet, l'amplitude de la parité euro/dollar traduisait la nervosité et les changements d'anticipation des investisseurs, le plus haut de la veille étant situé à 1,2406 et le point bas à 1,2134, pour une clôture à 1,2183.

Hier en début d'après-midi, le président de la BCE a donc tenu une conférence de presse qui a suscité d'emblée des réactions très négatives. “Les marchés ont sans doute surestimé les propos de Mario Draghi la semaine dernière à Londres, assurant pour sa part qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver l'euro. Les investisseurs attendaient l'annonce de mesures immédiates hier, qui finalement ne sont pas arrivées”, commentent les analystes de Saxo Banque. “Il semble que la BCE cherche à gagner du temps en attendant désespérément une action des gouvernements. En atteste la réaction des marchés, le 'temps' est de plus en plus cher. Dans ce contexte, la volatilité était au rendez-vous”, indiquent les spécialistes.

Selon Aurel BGC, nombre d'intervenants avait déduit des propos de Londres qu'une “solution magique” allait être mise en oeuvre par la BCE via la réactivation du 'Securities Markets Programme' (SMP), c'est-à-dire des interventions sur le marché obligataire secondaire.

BNP Paribas CIB évoquait hier soir une conférence de presse 'très négative', estimant qu'elle n'était pas dans la lignée des propos tenus à Londres - très commentés - la semaine dernière. 'La barre avait été relevée, et la BCE l'a manqué', sanctionne l'analyste.

'Des mots, mais pas (encore) d'actions', réagissaient plus modérément les spécialistes de Citigroup, qui indiquaient que les actions pré-annoncées par le patron de la BCE étaient en ligne avec leurs attentes, mais pas avec celles du marché. En outre, ni le plan de l'action pré-annoncée de la BCE ni ses modalités ne sont connues à ce stade, indiquent les analystes.

Les interprétations des propos de Mari Draghi sont cependant moins sombre ce matin qu'elles ne l'étaient hier. Selon IG Markets, “la BCE et la Fed sont sur la même ligne : une intervention est possible mais les dirigeants politiques doivent faire les premiers pas. La Fed demande aux partis démocrates et républicains de s'entendre sur la politique fiscale et le déficit (“fiscal cliff”) et le BCE souhaite des mesures fortes des gouvernements européens pour les accompagner. Les marchés se sont montrés déçus par ce double attentisme.” “En revanche les conclusions des deux banques centrales ont encore renforcé les anticipations d'interventions en cas de besoin”, ajoutent les analystes.

Selon Aurel BGC, “la BCE va intervenir sur les marchés de dettes souveraines. Il ne s'agit pas forcément de la réactivation du SMP, mais d'une nouvelle arme de politique monétaire non conventionnelle. Les écarts de rendement entre les obligations des Etats sont liés à des anticipations d'éclatement de la zone euro”. La BCE entend mener des opérations limitées sur la seule partie basse de la courbe des taux (les taux les plus courts). “Il ne s'agit pas de financer les Etats, mais d'apporter de la liquidité à court terme à un Etat qui ne pourrait pas se refinancer sur les marchés”, explique le bureau d'études.

Selon Paul Donovan, analyste chez UBS, “le président de la BCE a obtenu ce qu'il a voulu” : la BCE s'est focalisé sur les taux souverains de court terme (qui ont baissé), pas sur ceux de long terme (qui ont monté). “Si le but était de maintenir les conditions de refinancement de court terme à des niveaux bas, c'est là une opération fructueuse”, ajoute UBS.

Et après ? UBS s'attend à une baisse des taux par la BCE en septembre, et à “une certaine dose” de rachat d'obligations souveraines.

En attendant, les cambistes reportent maintenant leur attention sur la “reine des statistiques” américaines attendue cet après-midi. Le département du Travail fera état tout à l'heure du rapport sur l'emploi US au mois de juillet. Le consensus table sur environ 100.000 créations de postes et sur un taux de chômage stable à 8,1%

'L'indicateur phare pour les marchés sera le taux de chômage. Même si son estimation n'est pas la plus fiable, il reste l'indicateur de référence de la Fed et justifiera en grande partie une nouvelle intervention de la banque centrale en septembre prochain', indique Aurel BGC.

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