Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : L'espagne reporte la privatisation de ses 2 principaux aéroports

Marché : L'espagne reporte la privatisation de ses 2 principaux aéroports

tradingsat

par Judy MacInnes

MADRID (Reuters) - Le gouvernement espagnol a annoncé jeudi le report de la privatisation des deux principaux aéroports du pays, les candidats au rachat se heurtant à des difficultés de financement, une décision qui prive l'Etat de plusieurs milliards d'euros de recettes en pleine crise de la dette.

Le ministère des Travaux publics a précisé que l'opération était reportée de trois mois, soit après les élections législatives du 20 novembre, qui pourraient, à en croire les sondages, donner le pouvoir au Parti populaire (PP) aujourd'hui dans l'opposition.

Or le PP s'oppose à la vente des aéroports et a reproché au gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero de s'être lancé dans une opération précipitée en mettant en vente des actifs de choix à des prix cassés dans un contexte financier peu porteur.

Le mois dernier, le gouvernement avait déjà mis un coup d'arrêt au projet d'introduction en Bourse de la loterie nationale en arguant des conditions de marché.

Des sources bancaires ont expliqué que les investisseurs privés étaient réticents à s'engager dans ces privatisations à quelques semaines des élections.

Sept groupes d'investisseurs avaient manifesté leur intérêt pour l'opération, dont le gouvernement espérait tirer cinq milliards d'euros. Parmi eux figuraient, seuls ou associés à des fonds, l'exploitant d'aéroports allemand Fraport et les groupes espagnols d'infrastructures Acciona et Ferrovial.

TROP CHER, AU MAUVAIS MOMENT

Le gouvernement demandait un prix trop élevé pour l'aéroport Barajas de Madrid et celui d'El Prat à Barcelone, ont dit des sources proches des discussions.

"Le calendrier n'aurait jamais permis de boucler une privatisation juste avant les élections législatives. Mais il y avait aussi un gros écart de prix par rapport à ce que demandait le gouvernement pour les deux aéroports, notamment Barajas", a dit un haut responsable bancaire à Madrid.

"Par exemple, les deux fonds qui s'étaient associés au groupe espagnol d'infrastructures Ferrovial visaient un retour sur investissement de 12-15% alors que Barajas n'offrait pas plus de 10%", a-t-il ajouté.

Un gérant américain a expliqué de son côté que "les banques pourraient avoir eu le dernier mot sur ce dossier car ce sont elles qui financeront l'opération".

La plupart des candidats auraient financé l'opération avec 20 à 30% de fonds propres, le solde provenant de l'emprunt, a-t-il ajouté.

"Etant donné la pression exercée sur les banques espagnoles par la hausse des coûts de financement et l'envolée de leurs ratios prêts/dépôts, elles ont de plus en plus tendance à couper dans les financements corporate en ce moment", a poursuivi ce gérant.

Marc Angrand pour le service français, édité par Gregory Schwartz

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...