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Marché : L'économie française résiste au 4e trimestre, pause en allemagne

L'économie française résiste au 4e trimestre, pause en allemagneL'économie française résiste au 4e trimestre, pause en allemagne

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - L'économie française a résisté au quatrième trimestre en affichant une croissance surprise, de 0,2%, grâce au commerce extérieur et à l'investissement, tandis que l'activité s'est contractée en Allemagne et en Italie.

Le produit intérieur brut des 17 pays de la zone euro a pour sa part diminué de 0,3% sur la même période, conformément aux attentes, d'après l'estimation flash du bureau Eurostat.

Si la France devrait échapper à une récession technique, du moins à court terme, l'activité pourrait reculer dès le premier trimestre et maintenir les finances publiques sous pression alors que la crise de la dette en Europe joue les prolongations.

Les économistes interrogés par Reuters anticipent en moyenne un repli du PIB de 0,1% sur les trois premiers mois de l'année avant un rebond au deuxième trimestre.

De son côté, l'Insee prévoit une économie en stagnation au moins jusqu'en juin.

"(Les) exportations risquent de ralentir au premier trimestre 2012 car les débouchés européens se réduisent. En outre, en fin d'année 2011 elles ont pu être dynamisées par la dépréciation de l'euro par rapport au dollar or cette dépréciation semble s'interrompre", souligne Juliette Hubert, chargée d'études senior du cabinet Asteres.

"L'investissement des entreprises risque de fléchir car les chefs d'entreprises constatent une dégradation de leurs carnets de commandes depuis décembre", ajoute-t-elle.

"Une nouvelle période conjoncturelle très difficile pourrait s'ouvrir après l'été, la hausse prévue de la TVA et/ou le resserrement additionnel inévitable après les élections pour tenir l'objectif de 4,5% de déficit (public) cette année puis 3% en 2013 devant conduire à une baisse de l'activité en fin d'année et à une année 2013 très morose", signalent de leur côté Pierre-Olivier Beffy et Amélie de Montchalin d'Exane.

Depuis le 1er janvier, l'euro regagne près de 1,8% face au dollar.

L'ALLEMAGNE TRÉBUCHE, RECESSION EN ITALIE

En Allemagne, première économie de la zone euro, le PIB s'est déprécié de 0,2% au quatrième trimestre, le ralentissement du commerce extérieur et de la consommation ayant pesé sur la croissance.

La production industrielle y a reculé nettement plus que prévu en décembre mais le ministère de l'Economie a estimé qu'il s'agissait d'un accès de faiblesse provisoire.

En Italie, le PIB s'est inscrit en diminution de 0,7% après -0,2% au troisième trimestre, officialisant ainsi l'entrée du pays en récession.

Les chiffres espagnols seront connus jeudi et les économistes attendent une baisse de 0,3%.

Le PIB français a surpris par sa vigueur. Les 36 économistes sondés par Reuters anticipaient une évolution du produit intérieur brut de -0,1%, leurs estimations s'échelonnant de -0,6 à +0,2%.

La Banque de France prévoyait de son côté une croissance nulle au cours des trois derniers mois de l'année et l'Insee une baisse du PIB de 0,2%.

La deuxième économie de la zone euro progresse de 1,7% sur l'ensemble de 2011 après 1,4% en 2010. L'acquis de croissance pour 2012 ressort à +0,3%.

Le ministre de l'Economie François Baroin a estimé dans un communiqué que ces chiffres confortaient les prévisions du gouvernement qui table sur une croissance de 0,5% cette année.

LÉGER RALENTISSEMENT DE LA CONSOMMATION

L'Insee a révisé à +0,3% la croissance du troisième trimestre contre +0,4% précédemment.

Au quatrième trimestre, la contribution du solde dégagé par le commerce extérieur à la croissance est estimée à 0,7 point après +0,1 point au troisième trimestre.

Les investissements des ménages, des entreprises non financières et des administrations publiques marquent une hausse de 0,9% après +0,2% au trimestre précédent et contribuent ainsi à hauteur de 0,2 point à la progression du PIB.

Les entreprises non financières ont notamment augmenté leurs investissements de 1,4%.

Les dépenses des ménages, moteur traditionnel de l'économie, décélèrent néanmoins légèrement, à +0,2% après +0,3% au troisième trimestre.

Avec Daniel Flynn, édité par Marc Joanny

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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