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Marché : L'économie britannique se contracte plus que prévu

L'économie britannique se contracte plus que prévuL'économie britannique se contracte plus que prévu

par Fiona Shaikh et Olesya Dmitracova

LONDRES (Reuters) - L'économie britannique s'est contractée plus que prévu au premier trimestre, plombée par la plus forte baisse en trois ans de l'activité dans le secteur de la construction, renforçant la probabilité de nouvelles injections de liquidités par la Banque d'Angleterre (BoE) pour soutenir la croissance.

Le Royaume-Uni est retombé en récession pour la première fois depuis la crise financière de 2007-2008, et les perspectives de reprise restent incertaines alors que les dirigeants de la zone euro, premier partenaire commercial du pays, sont encore loin d'avoir résolu la crise des dettes souveraines.

Mercredi, la BoE a indiqué qu'elle injecterait probablement de nouvelles liquidités pour soutenir l'économie britannique si la crise en zone euro venait à s'aggraver, après avoir mis fin à son programme de rachats d'actifs de 325 milliards de livres (406 milliards d'euros).

"L'économie ne se remet pas correctement et avec les incertitudes qui planent en Europe et sur les perspectives économiques, nous sommes d'avis que le comité monétaire va adopter de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif (QE) à un certain point plus tard dans l'année", a estimé Philip Shaw, économiste chez Investec.

D'après les données publiées jeudi par l'Office national des statistiques, le produit intérieur brut (PIB) en deuxième estimation a reculé de 0,3% sur les trois premiers mois de l'année, une contraction plus forte que celle de 0,2% initialement annoncée.

Les économistes interrogés par Reuters attendaient une contraction confirmée à 0,2% sur le premier trimestre.

L'activité au Royaume-Uni avait déjà reculé de 0,3% au quatrième trimestre de 2011. Soit deux trimestres consécutifs de baisse qui correspondent à la définition "technique" de la récession.

En rythme annuel, le PIB recule de 0,1% au premier trimestre, alors que les économistes attendaient une croissance nulle.

Ces chiffres ne jouent guère en faveur du ministre britannique des Finances, George Osborne, qui s'est engagé à soutenir l'économie avec des mesures d'austérité drastiques pour réduire la dette. Le ministre a aussi fait valoir que le secteur privé pouvait compenser la baisse des dépenses publiques.

Or, les chiffres publiés jeudi montrent au contraire que les dépenses du gouvernement ont contribué favorablement à l'activité.

L'économie britannique n'a crû que de 0,3% depuis 2010 et l'arrivée au pouvoir de la coalition gouvernementale réunissant les Conservateurs et le Parti libéral.

RÉVISION À LA BAISSE

La révision à la baisse du PIB britannique en deuxième estimation est liée à la chute de 4,8% de l'activité dans le secteur de la construction, qui accuse ainsi son repli le plus marqué depuis le premier trimestre 2009.

La baisse du PIB britannique aurait pu être plus prononcée si les dépenses publiques n'avaient pas augmenté de 1,6%, leur plus forte hausse en quatre ans. Celles-ci ont contribué de façon positive à 0,4 point de pourcentage du PIB.

Toutefois, les dépenses des ménages n'ont progressé que de 0,1%, leur plus faible hausse en six mois, suggérant que la consommation est encore loin de pouvoir tirer la reprise économique.

Les exportations ont aussi souffert. Le déficit commercial s'est creusé à 4,4 milliards de livres tandis que le commerce net a coûté 0,1 point de pourcentage de PIB.

Le Fonds monétaire international (FMI) a alerté cette semaine des risques pour l'économie britannique et a exhorté la banque centrale et le gouvernement à soutenir la croissance par tous les moyens nécessaires.

Le FMI a suggéré que la BoE abaisse ses taux d'intérêt à leur bas niveau historique de 0,5% et commence à acheter des actifs du secteur privé.

L'institution a également demandé au gouvernement britannique de trouver des fonds pour investir dans les infrastructures, de faire plus pour améliorer le crédit à destination des entreprises et d'abaisser des taxes pour stimuler la demande.

Blandine Hénault pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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