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Marché : L'automobile plombe la production industrielle

L'automobile plombe la production industrielleL'automobile plombe la production industrielle

PARIS (Reuters) - Les répercussions de la crise au Japon sur le secteur automobile français se sont traduites en mars par un repli marqué de la production industrielle, qui renforce le scénario d'un ralentissement de la reprise.

La production industrielle a baissé de 0,9% par rapport à février, montrent les statistiques publiées mardi par l'Insee. Un repli supérieur aux estimations les plus pessimistes: les prévisions des 22 économistes interrogés par Reuters s'échelonnaient de -0,3% à +0,8%.

La production manufacturière, c'est-à-dire hors énergie mais en incluant l'agroalimentaire, a reculé de 1,0% en mars après une hausse de 0,9% en février.

Cette inversion de tendance s'explique notamment par la baisse de 4,3% de la production dans l'automobile, "chez les constructeurs et les équipementiers, dont les approvisionnements semblent souffrir de la crise japonaise dans cette branche", explique l'Insee dans un communiqué.

Des facteurs déjà visibles dans les chiffres des immatriculations en avril publiés la semaine dernière: le marché automobile français a accusé le mois dernier sa première baisse depuis le début de l'année, un recul de 11,2% sur un an.

La baisse de la production automobile s'est conjuguée à celle des autres matériels de transport, qui inclut l'aéronautique, en repli de 4,2%. Et la plupart des autres secteurs affichent des performances négatives par rapport à février, qu'il s'agisse des équipements électriques, électroniques, informatiques et machines (-1,0%), du raffinage (-1,7%) ou de la métallurgie (-0,5%).

Au total, le secteur des biens d'équipement voit sa production reculer de 2,6% sur un mois.

Seules la chimie et la pharmacie ont vu leur activité progresser en mars, de 0,8% et 1,0% respectivement.

DÉCÉLÉRATION

Parallèlement, dans la construction, l'activité a reculé de 0,3% après -0,2% en février.

"Après un début d'année soutenu, la croissance du secteur industriel va probablement ralentir au cours des mois à venir sur fond de consolidation budgétaire dans la zone euro et de ralentissement généralisé de la croissance du commerce mondial", estime Joost Beaumont, d'ABN Amro. "Les chiffres d'aujourd'hui en sont probablement un premier signe."

Des chiffres qui confortent donc le scénario d'une décélération progressive de la croissance française après un bon début. Les chiffres publiés lundi par la Banque de France accréditent eux aussi ces prévisions, en montrant une dégradation du climat des affaires dans l'industrie.

L'institut d'émission prévoit ainsi un ralentissement de la croissance du PIB français de 0,5% au deuxième trimestre après 0,7% au premier.

La première estimation de la croissance pour la période janvier-mars est attendue vendredi.

Le recul de la production française en mars souligne aussi le contraste avec l'Allemagne : la première économie d'Europe a fait état la semaine dernière d'une hausse de 0,7% de la production industrielle, grâce notamment à un bond de 6,2% dans la construction.

Au final, sur l'ensemble du premier trimestre, la production industrielle française a augmenté de 2,1% par rapport au trimestre précédent. Cette hausse atteint 3,0% pour la production manufacturière.

Par rapport aux trois mois comparables de l'an dernier, la production industrielle est en progression de 4,9%, la production manufacturière de 6,3%. Mais l'activité du secteur reste inférieure d'environ 10% au pic d'avril 2008, avant la crise.

Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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