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Marché : L'appel à l'aide portugais pourrait stopper la contagion

L'appel à l'aide portugais pourrait stopper la contagionL'appel à l'aide portugais pourrait stopper la contagion

par Noah Barkin

BERLIN (Reuters) - Le recours du Portugal à une aide financière internationale ôte l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la zone euro et a de bonnes chances d'endiguer la contagion de la crise de la dette à d'autres pays européens, estiment des analystes.

Les investisseurs s'attendaient depuis plusieurs mois à ce que Lisbonne se résigne à un plan de sauvetage jugé inévitable.

La décision annoncée mercredi soir par le Premier ministre José Socrates ne devrait pas plomber les marchés outre mesure et l'euro n'a que peu réagi à cette nouvelle.

De plus, le montant de l'aide qui serait versée à Lisbonne, évaluée entre 60 et 80 milliards d'euros selon une source européenne haut placée, devrait être aisément couvert par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui dispose de 440 milliards d'euros, d'autant que le Fonds monétaire international (FMI) sera probablement sollicité aussi.

Tous ces éléments concourent à soulager ceux qui redoutaient le scénario du pire: un Portugal contraint de se financer à des taux exorbitants, avec à la barre un gouvernement démissionnaire chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'aux élections anticipées prévues le 5 juin.

Un écroulement du budget portugais aurait sans doute fait naître une forte crainte pour les finances espagnoles et fait de Madrid la victime suivante de la crise de la dette.

"C'est une bonne nouvelle. Nous ne cessions de dire depuis quelque temps que les finances du Portugal n'étaient pas viables à ces taux", a déclaré à Reuters Erik Nielsen, économiste en chef pour l'Europe chez Goldman Sachs. "Nous pensons que la contagion s'arrête ici."

LE MARCHÉ RASSURÉ SUR L'AVENIR DE L'EURO

Jusqu'au début de cette année, il semblait probable que les marchés s'attaqueraient à l'Espagne si le Portugal emboîtait le pas à la Grèce et à l'Irlande en demandant un plan de soutien.

Mais le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero a mis en place ces derniers mois des réformes du marché du travail, des retraites et du secteur bancaire, stabilisant les conditions de financement de l'Espagne sur le marché obligataire et portant les investisseurs à considérer que Madrid est en passe de se tirer d'affaire.

C'est sur cette voie que va désormais devoir s'engager le Portugal car un plan de soutien international n'ira pas sans profondes réformes structurelles pour remédier à son fort déficit, son manque de compétitivité et sa faible croissance chronique.

"Malheureusement, les solutions à ces problèmes n'auront un impact que sur le long terme. D'ici là, les Portugais ont un chemin difficile qui les attend", estime Joao Leite, responsable de l'investissement chez Banco Carregosa à Lisbonne.

Les dirigeants européens pourraient être réticents à signer un accord de sauvetage avec un gouvernement en instance de départ, comme ce fut le cas en Irlande où le gouvernement nouvellement élu tente désormais de renégocier les conditions de l'aide.

A l'inverse de la Grèce, confrontée à l'évasion fiscale et la corruption, ou de l'Irlande, pénalisée par un système bancaire en crise, le mal portugais s'annonce plus simple à guérir que ceux de ses prédécesseurs.

En outre, l'Union européenne a tiré les leçons des précédents sauvetages. Il y a un vaste consensus parmi les dirigeants des Vingt-Sept pour estimer que les conditions des prêts imposés à Athènes et Dublin étaient trop drastiques, donc le Portugal pourrait obtenir un plan plus accommodant.

"Les investisseurs ne semblent plus se soucier d'une crise à grande échelle de la zone euro et de la possible mort de la monnaie unique, parce qu'ils supposent que des mécanismes ont été mis en place pour empêcher la crise d'échapper à tout contrôle", relève Jane Caron, de Dwight Asset Management.

Reste que l'assainissement des finances portugaises ne réglera pas deux des grandes menaces qui pèsent encore sur la zone euro: le risque d'une restructuration de la dette souveraine d'un pays périphérique et le risque d'une rechute du secteur bancaire.

Avec Andrei Khalip, Jean Décotte pour le service français, édité par Nicolas Delame

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