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Marché : Jürgen stark quitte la bce, désaccord sur l'achat d'obligations

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par Andreas Framke et Alexander Hübner

FRANCFORT (Reuters) - L'Allemand Jürgen Stark, membre de premier plan de la Banque centrale européenne, est sur le départ, en désaccord avec la politique de rachat d'obligations d'Etat, mise en place par la banque centrale pour lutter contre la crise de la dette dans la zone euro.

La BCE a confirmé la démission de Jürgen Stark, en mettant en avant des "raisons personnelles", après la révélation de l'information par Reuters.

Les sources qui avaient annoncé cette démission ont expliqué à Reuters que Jürgen Stark démissionnait car il désapprouvait les récents rachats d'obligations espagnoles et italiennes par la BCE.

Une des sources a précisé que Jürgen Stark avait l'impression que le départ de Jean-Claude Trichet, le 1er novembre prochain, de la présidence de la BCE allait marquer la fin d'une époque.

Jürgen Stark a préféré partir deux mois avant l'arrivée de Mario Draghi, le successeur de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE, pour ne pas donner l'impression qu'il quittait la BCE en raison de l'arrivée d'un Italien à la présidence.

Le départ de Jürgen Stark est une nouvelle illustration des divisions qui règnent au sein de la BCE au sujet du programme de rachat d'obligations d'Etat, un outil qui est au centre des mesures mises en place pour endiguer la crise de la dette.

Selon une source proche du dossier, Jürgen Stark sera remplacé par Jörg Asmussen, le secrétaire d'Etat allemand aux Finances.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, Mario Draghi et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn se sont refusés à tout commentaire lorsqu'on les a interrogés sur l'information donnée par les sources.

RECUL DES BOURSES ET DE L'EURO

L'euro et les Bourses ont reflué en réaction aux informations sur la démission de Jürgen Stark. En revanche, les rendements obligataires des pays dits périphériques de la zone euro n'ont que légèrement augmenté.

Jürgen Stark est le deuxième Allemand à quitter la BCE cette année après Axel Weber, alors gouverneur de la Bundesbank, en février. Lui aussi s'opposait au programme de rachat d'obligations de la BCE et cette opposition a également motivé son départ.

Ce départ constitue un coup dur pour la BCE, dont le président Jean-Claude Trichet doit lui-même céder son poste fin octobre à Mario Draghi.

"C'est révélateur", a réagi Manfred Neumann, professeur d'Economie émérite de l'Université de Bonn et ex-maître de thèse de l'actuel président de la Bundesbank Jens Weidmann.

"Stark avait la même opinion sur les rachats d'obligations qu'Axel Weber et l'actuel président de la Bundesbank. C'est une position partagée par tous les Allemands et c'est le signe d'un problème énorme au sein même de la banque centrale. Il est évident que les Allemands ont un problème avec la direction de la BCE".

"L'impact réel (de cette démission) est mineur mais les marchés vont en déduire que la BCE devient plus souple et a perdu une partie de sa sensibilité à la stabilité à l'allemande".

Jürgen Stark et Jens Weidmann, ainsi que deux autres membres du Conseil des gouverneurs de la BCE, s'étaient opposés à la relance du programme de rachat d'obligations de la BCE le mois dernier. Ce programme avait été mis en sommeil 19 semaines durant mais a été remis en marché pour faire baisser les coûts d'emprunt de l'Italie et de l'Espagne.

Jürgen Stark, 63 ans, était l'un des six membres du directoire depuis juin 2006 et était titulaire des dossiers économiques.

Son mandat au sein du directoire, dont les membres forment le Conseil des gouverneurs avec les 17 dirigeants de banques centrales de la zone euro, devait durer jusqu'au 31 mai 2014.

Jean-Claude Trichet, lors de sa conférence de jeudi faisant suite au statu quo monétaire observé par la BCE, a mis en cause la France, l'Allemagne et l'Italie pour avoir édulcoré les dispositions budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance.

Il a déclaré que si la BCE s'était engagée dans des achats de dette souveraine, c'était parce que certains Etats n'avaient pas eu un comportement adéquat.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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