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Marché : Jour j pour un nouveau plan d'aide à la grèce

Jour j pour un nouveau plan d'aide à la grèceJour j pour un nouveau plan d'aide à la grèce

par Luke Baker et Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro devraient approuver ce lundi un deuxième plan d'aide en faveur de la Grèce d'un montant de 130 milliards d'euros, crucial pour redonner de l'air au pays surendetté.

Diplomates et économistes n'attendent pas de ce nouveau plan de renflouement qu'il règle tous les problèmes économiques grecs du jour au lendemain et beaucoup estiment qu'il faudra au moins dix années voire davantage pour s'acquitter de cette tâche.

Ce constat a amené encore plusieurs milliers de Grecs à manifester dimanche leur colère devant le parlement face à la cure d'austérité draconienne qu'ils se voient imposer et qui était l'une des conditions de ce nouveau plan de soutien.

"On a tous les éléments pour un accord désormais, les éléments d'une participation qui reste volontaire de la part des banquiers, des créanciers privés, et de la part des créanciers publics", a déclaré lundi matin le ministre français de l'Economie, François Baroin, au micro d'Europe 1.

Le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos a quant à lui jugé que la journée de lundi marquerait la fin d'une longue période d'incertitude néfaste à son pays et à l'ensemble de la zone euro.

"Le peuple grec a envoyé à l'Europe le message qu'il a fait et fera les efforts nécessaires pour que le pays regagne sa position au sein de la famille européenne", a-t-il dit dans une déclaration écrite.

Même si Allemagne, Finlande et Pays-Bas restent sceptiques quant à la capacité de la Grèce à tenir ses engagements, à commencer par un programme d'économies de 3,3 milliards d'euros, les responsables européens estiment le moment venu d'approuver le nouveau plan d'aide, qui permettra de stabiliser la situation financière du pays et de le maintenir au sein de la zone euro.

Plusieurs sources de haut rang au sein de la zone euro ont indiqué lundi que les détails non réglés ne constituaient pas des obstacles à un accord.

"Je ne vois pas quelqu'un endosser la responsabilité de bloquer un accord à ce stade", a dit l'une d'entre elles.

DÉTAILS EN DISCUSSION

Parmi les détails encore à régler figurent les nouvelles mesures qui devront être adoptées pour ramener autant que possible la dette grecque vers un objectif de 120% du produit intérieur brut à l'horizon 2020 demandé par le Fonds monétaire international, créancier de la Grèce avec l'UE et la Banque centrale européenne.

En l'état, les projections actuelles placent la barre plus haut, à 129% et une conférence téléphonique organisée dimanche entre hauts responsables des ministères des Finances des Vingt-Sept et de la BCE a porté essentiellement sur la définition d'un niveau "soutenable" de la dette d'Athènes.

Une source proche du gouvernement grec a par ailleurs indiqué que la décote qui sera appliquée aux titres détenus par les créanciers privés de la Grèce était toujours en discussion, tout comme la forme que prendra la participation des banques centrales de la zone euro au plan.

Le Premier ministre grec Lucas Papadémos s'est envolé pour Bruxelles dimanche au moment où se rassemblaient quelque 3.000 personnes sur la place de la Constitution à Athènes.

La police anti-émeutes s'était déployée en force autour du parlement, une semaine après les scènes d'émeutes qui ont suivi l'adoption du nouveau programme d'austérité. Mais la foule était bien inférieure aux dizaines de milliers de manifestants de la semaine passée et les incidents sont restés limités.

Un point essentiel du plan de sauvetage prévoit un échange d'obligations souveraines détenues par des créanciers privés qui permettra à la Grèce d'effacer 100 milliards d'euros de dettes.

L'opération sera lancée le 8 mars et Athènes, qui devra rembourser 14,5 milliards d'euros d'obligations venant à échéance le 20 mars, espère la boucler en trois jours.

Le nouveau plan d'aide n'est pas un remède miracle. L'économie grecque s'est contractée de 7% en rythme annuel au dernier trimestre 2011, bien plus que prévu, et les nouvelles mesures d'austérité devraient encore aggraver la situation.

La troïka UE-FMI-BCE, qui supervise la mise en place des réformes, effectue des rapports trimestriels. Dans le cadre du deuxième plan de sauvetage, la Commission européenne enverra bientôt des dizaines d'autres inspecteurs à Athènes.

"C'est un ensemble de réformes très fort et très difficile qui mérite le soutien de la communauté internationale et du FMI", a estimé le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner dans un communiqué appelant le FMI à soutenir l'accord.

Avec Jean-Stéphane Brosse à Paris; édité par Jean Décotte

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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