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Marché : Irritée, l'espagne prie ses voisins d'afficher leur soutien

Irritée, l'espagne prie ses voisins d'afficher leur soutienIrritée, l'espagne prie ses voisins d'afficher leur soutien

par Julien Toyer et Paul Day

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a adressé mercredi un avertissement à peine voilé à son homologue italien Mario Monti, priant les dirigeants européens de faire preuve de retenue quand ils parlent de l'Espagne, alors que le pays peine déjà à rassurer les marchés sur sa capacité à contrôler ses finances publiques.

D'après la presse italienne et espagnole, le président du Conseil italien a déclaré mardi que les problèmes financiers de l'Espagne étaient la principale raison des tensions renouvelées sur les marchés de la dette en Europe. Le cabinet de Mario Monti a cependant démenti ces propos.

"Je souhaite dire ce qui suit en relation avec certaines déclarations qui ont été faites dans l'UE et plus explicitement hier soir par certains dirigeants de l'UE", a déclaré Mariano Rajoy devant des élus parlementaires du Parti populaire (PP).

Se gardant bien de citer qui que ce soit, il a ajouté: "Nous attendons qu'ils prennent leurs responsabilités et qu'ils soient plus prudents dans leurs déclarations. (...) Nous ne parlons pas des autres pays. Nous souhaitons le meilleur à tous les pays de l'UE et de la zone euro. Ce qui est bon pour l'Espagne est bon pour la zone euro."

Mario Monti avait déjà provoqué l'ire de Madrid il y a trois semaines en exprimant publiquement son inquiétude quant à l'état des finances publiques espagnoles.

Le Trésor italien a adjugé mercredi pour huit milliards d'euros de bons à un an à un taux de rendement nettement plus élevé que lors de l'opération précédente, une hausse inédite depuis novembre et liée aux inquiétudes suscitées par la dette espagnole, qui se répercutent sur son homologue italienne.

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a pourtant annoncé le mois dernier 27 milliards d'euros d'économies budgétaires et a dit lundi qu'il entendait économiser 10 milliards supplémentaires dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

L'Espagne a jusqu'à présent exclu de demander un soutien financier auprès de l'Union européenne. Mais plusieurs sources du gouvernement espagnol ont dit à Reuters que Madrid espérait un soutien plus marqué de ses partenaires européens, en particulier de la Banque centrale européenne.

La BCE a mis en sommeil, ces dernières semaines, ses rachats d'obligations sur le marché secondaire, alors que le rendement du papier espagnol à dix ans reste dangereusement proche du seuil de 6%, jugé peu soutenable à long terme.

"L'Espagne a fait sa part du travail. A présent l'Europe doit faire la sienne", a estimé une source au sein du cabinet de Mariano Rajoy, faisant référence au possible renforcement des institutions et du pare-feu financier de la zone euro face aux turbulences des marchés financiers.

Natalie Huet et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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