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Marché : Forte décote des actifs transférés à la "bad bank" espagnole

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MADRID (Reuters) - Les banques espagnoles vont transférer à une structure de défaisance des actifs immobiliers moyennant des décotes comprises entre 32,4% et 79,5% de leur valeur comptable d'origine, a fait savoir la Banque d'Espagne lundi.

Le pourcentage le plus bas s'appliquera à des crédits afférant à des projets immobiliers achevés et le pourcentage le plus haut à des actifs fonciers restés vierges.

Le dispositif, qui doit être opérationnel d'ici la fin novembre, a été mis en place pour absorber jusqu'à 90 milliards d'euros d'actifs immobiliers devenus douteux après l'éclatement d'une bulle spéculative voici cinq ans et grevant lourdement les bilans bancaires.

La création de cette structure de cantonnement est l'une des conditions à l'octroi à l'Espagne d'une aide à la recapitalisation bancaire de 100 milliards d'euros, dont le principe a été agréé en juin. L'Espagne étudie à présent la possibilité de solliciter une aide européenne pour abaisser ses coûts d'emprunt et rétablir ses finances publiques.

La "bad bank" hébergera dans un premier temps des actifs des banques renflouées par l'Etat pour un montant de 45 milliards d'euros - les autres établissements transférant les leurs en 2013 - la structure devant à terme gérer pour 60 milliards d'euros d'actifs, a précisé la Banque d'Espagne.

Les crédits immobiliers seront transférés moyennant une décote de 45,6% en moyenne, cette décote passant à 63,1% pour les actifs saisis, a précisé le vice-gouverneur de la Banque d'Espagne Fernando Restoy, lors d'une conférence de presse.

Il a ajouté que la "bad bank" dégagerait un rendement des fonds propres de 14% è 15% suivant un scénario prudent et qu'elle réduirait les besoins de fonds propres des banques espagnoles de cinq à six milliards d'euros.

"La stratégie de la structure se fonde sur des rendements à moyen terme et nous pensons que ces rendements seront importants", a encore dit Fernando Restoy.

Un test de résistance indépendant du système financier espagnol a montré en septembre que les établissements bancaires avaient besoin d'un supplément de fonds propres d'une soixantaine de milliards d'euros pour résister à un grave choc financier.

Les décotes sont conformes aux réductions de valeur anticipées dans le scénario du pire de ces "stress tests".

L'Espagne veut garder sa participation dans la bad bank en deçà des 50%, pour éviter tout impact négatif sur les finances publiques, et compte sur le secteur privé pour aller au moins jusqu'à 55%.

La Banque d'Espagne a dit qu'elle négociait avec des investisseurs locaux et étrangers en vue de les convaincre d'entrer au capital de la structure.

Depuis les sommets atteints en 2007, les prix de l'immobilier ont chuté de 30% en moyenne en Espagne mais des analystes considèrent que le marché n'est pas tombé au plus bas, anticipant encore une dégringolade de 20% à 30%.

Le krach immobilier a laissé les banques espagnoles aux prises avec 184 milliards d'euros de créances douteuses et irrécouvrables. Les PME et d'autres secteurs de l'immobilier commencent à pâtir de cette crise par contrecoup.

Jesus Aguado et Julien Toyer, Wilfrid Exbrayat pour le service français

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