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Marché : Forte décélération de la croissance américaine au 3e trimestre

Marché : Forte décélération de la croissance américaine au 3e trimestreMarché : Forte décélération de la croissance américaine au 3e trimestre

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - La croissance américaine a fortement décéléré au troisième trimestre, les entreprises ayant moins rempli leurs entrepôts pour éviter une trop grande accumulation des stocks, mais la bonne tenue de la demande intérieure pourrait néanmoins inciter la Réserve fédérale à relever ses taux d'intérêt en décembre.

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 1,5% en rythme annualisé sur la période juillet-septembre, contre une hausse de 3,9% au deuxième trimestre, a annoncé jeudi le département du Commerce. Les économistes interrogés par Reuters avaient tablé sur une croissance de 1,6%.

L'impact négatif des stocks sur le PIB devrait toutefois s'avérer temporaire et les économistes, au vu de la solidité des fondamentaux de la conjoncture américaine, anticipent une accélération de la croissance au quatrième trimestre.

"La croissance sous-jacente restes solide ou, du moins, suffisamment robuste pour faire face à des taux d'intérêt qui ne seraient plus à des niveaux ultra-bas", a déclaré Jennifer Lee, économiste chez BMO Capital Markets.

Mercredi, la Fed a, sans surprise, laissé ses taux inchangés mais elle a nuancé les risques internationaux menaçant l'économie des Etats-Unis et a explicitement laissé la porte ouverte à un resserrement de sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion en décembre.

La banque centrale américaine avait ramené ses taux directeurs à un niveau juste au-dessus de zéro en décembre 2008, en pleine crise financière, et a maintenu le statu quo depuis.

Sur le troisième trimestre, les entreprises ont constitué pour 56,8 milliards de dollars de stocks, soit le montant le plus faible depuis le premier trimestre 2014.

La faiblesse de la constitution des stocks a amputé le PIB du troisième trimestre de 1,44 point de pourcentage, du jamais vu depuis le quatrième trimestre 2012.

"Cette baisse des stocks représente une sorte de purge bienvenue qui devrait préparer le terrain pour une croissance plus forte au cours des trimestres à venir", a déclaré Jim Baird, chargé des investissements chez Plante Moran Financial Advisors.

FAIBLESSE DE l'INFLATION

En revanche, la consommation des ménages, qui représente plus de deux tiers de l'activité économique américaine, est restée soutenue, s'affichant en hausse de 3,2% après +3,6% au deuxième trimestre.

Etant donné la vigueur du dollar, la croissance des exportations a décéléré au troisième trimestre. Mais, comme les importations ont ralenti, le commerce extérieur a eu un effet neutre sur le PIB.

Après avoir fortement progressé mercredi à la suite des déclarations de la Fed, le dollar reculait de 0,27% par rapport à un panier de devises internationales.

En même temps que les chiffres du PIB, le département du Travail a publié ses données hebdomadaires en matière d'inscriptions au chômage, caractérisées par un plus bas depuis décembre 1973 de la moyenne mobile sur quatre semaines.

En plus des stocks, la réduction des investissements dans le secteur de l'énergie a également pesé sur la croissance. La déprime des cours du brut, divisés par plus de deux par rapport à leur dernier pic de juin 2014, a contraint des groupes de services pétroliers tels que Schlumberger et Halliburton à tailler dans leurs dépenses.

Schlumberger a dit plus tôt dans le mois ne pas anticiper de reprise de la demande avant 2017 et a dit prévoir une nouvelle baisse des investissements dans l'amont (exploration & production) l'année prochaine.

Malgré la bonne tenue de la consommation des ménages, l'inflation a baissé en raison de la faiblesse des cours du brut et de la vigueur du dollar.

L'indice des prix PCE a ainsi augmenté de 1,2% au troisième trimestre après une progression de 2,2% au deuxième. Hors prix pétroliers et alimentaires, cet indice a augmenté de 1,3%.

Dans son communiqué de mercredi, la Fed a dit qu'une éventuelle hausse des taux en décembre sera décidée par rapport aux "progrès -- accomplis ou attendus -- par rapport à ses objectifs d'une situation de plein emploi et d'une inflation de 2%".

(Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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