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Marché : Fitch devrait maintenir le aaa français en 2012

Fitch devrait maintenir le aaa français en 2012Fitch devrait maintenir le aaa français en 2012

par Marius Zaharia et Ana Nicolaci da Costa

LONDRES (Reuters) - La note 'triple A' de la France, la plus élevée possible, ne devrait pas être abaissée en 2012, mais des pays sous revue tels que l'Italie et l'Espagne pourraient bientôt être déclassés d'un ou deux crans, a dit à Reuters mardi un responsable de Fitch Ratings.

L'agence de notation avait annoncé Le 16 décembre le placement sous surveillance négative de six pays de la zone euro - Belgique, Chypre, Espagne, Irlande, Italie et Slovénie - précisant que la revue de la situation de ces Etats serait parachevée vers le mois de mars.

Fitch avait abaissé dans le même temps la perspective de la note attachée à la France de "stable" à "négative", ce qui, normalement, implique un risque légèrement supérieur à 50% de déclassement dans un délai de deux ans.

"Sur la base de certaines tendances économiques et monétaires (...) nous ne devrions pas abaisser (la note de) la France cette année, à moins qu'il n'y ait une détérioration substantielle dans la zone euro", a déclaré Ed Parker, qui supervise les notes des pays d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique chez Fitch Ratings.

Ces propos, tenus à Reuters en marge d'un séminaire organisé par Fitch à Londres, ont accéléré le mouvement de hausse des Bourses européennes, les places de Paris et de Francfort bondissant chacune de plus de 2%.

Le 5 décembre, Standard & Poor's a annoncé que la plupart des pays de la zone euro pourraient voir leur note abaissée à très court terme en raison d'une aggravation des tensions systémiques liées à la crise de la dette.

L'agence de notation, qui doit publier son rapport ce mois-ci, avait alors mis une pression particulière sur la France en précisant qu'elle pourrait être dégradée de deux crans contre un seulement pour les cinq autres pays AAA de la zone euro (Allemagne, Autriche, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas).

Moody's avait de son côté annoncé le 18 octobre son intention de réévaluer la perspective stable du 'Aaa' attribué à la France. Ses conclusions sont attendues au premier trimestre 2012.

FORTE PROBABILITÉ D'UNE DÉGRADATION DE L'ITALIE

Au sujet de l'Autriche, autre pays "AAA" fragilisé par son exposition à une Hongrie qui s'enfonce dans la crise, Ed Parker a déclaré que le pays ne courait pas le risque de voir sa note abaissée "dans l'immédiat".

"L'un des principaux risques que nous avons en tête au sujet de l'Autriche est constitué par l'exposition de ses banques à l'Europe orientale et à la Hongrie (...)", a-t-il dit.

"Mais, dans les portefeuilles dans leur ensemble (des banques autrichiennes), il y a beaucoup d'exposition aux économies plus stables et plus performantes que sont la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne."

Contrairement à la France, l'Autriche jouit encore chez Fitch d'une perspective stable, tout comme les quatre autres pays de la zone euro classés "AAA" - Allemagne, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas.

Selon Ed Parker, ce quatuor ne court aucun risque de dégradation sous réserve que la crise de la zone euro ne s'aggrave pas davantage, ajoutant que plus elle durerait plus la pression sur les notes grandirait.

En revanche, il y a de fortes chances pour que la note de l'Italie, actuellement à "A+", soit dégradée lorsque Fitch aura terminé sa revue des six pays de la zone euro que l'agence de notation a mis sous surveillance avec implication négative, a déclaré de son côté David Riley, responsable mondial des notes souveraines chez Fitch.

L'Italie et l'Espagne sont les plus exposées à une éventuelle aggravation de la crise de la dette, les deux pays devant faire face à d'importantes échéances de refinancement de dette en 2012.

Le sentiment du marché à l'égard de Rome et de Madrid en ce début d'année sera jaugé en fin de semaine lors d'émissions obligataires programmées par les deux capitales.

Aux yeux d'Ed Parker, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait devoir jouer un rôle plus "militant" pour préserver l'Union économique et monétaire.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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