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Marché : Excuses de hsbc aux usa après le rapport sur le blanchiment

Excuses de hsbc aux usa après le rapport sur le blanchimentExcuses de hsbc aux usa après le rapport sur le blanchiment

par Carrick Mollenkamp

WASHINGTON (Reuters) - Des responsables de la banque britannique HSBC sont venus faire acte de contrition mardi devant une commission du Sénat américain après la publication d'un rapport l'accusant d'avoir facilité le blanchiment de capitaux.

David Bagley, un des responsables de la division chargée d'assurer le respect de la réglementation en matière de provenance de fonds depuis 2002, a déclaré aux sénateurs qu'il démissionnerait.

La banque a adressé un communiqué aux régulateurs britanniques dans lequel elle esquisse un mea culpa.

"Nous allons reconnaître que, par le passé, nous avons quelques fois échoué à respecter les normes attendues par les régulateurs et la clientèle", dit-elle.

"Nous allons nous excuser, reconnaître ces erreurs, répondre de nos actes et nous engager à régler ce qui n'a pas fonctionné", poursuit le communiqué.

Dans un rapport, le Sénat américain explique qu'une culture d'entreprise "polluée" a conduit HSBC à aider certains de ses clients à blanchir des capitaux issus de certaines des régions les plus dangereuses ou les plus secrètes du monde, parmi lesquelles l'Iran, la Syrie, les îles Caïman ou l'Arabie saoudite.

Si le comportement de la banque britannique est connu depuis près de dix ans, l'enquête réalisée par le Sénat met l'accent à la fois sur l'ampleur des pratiques mises en cause et sur l'incapacité de l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC), pourtant l'une des principales autorités de régulation financière aux Etats-Unis, à surveiller correctement ses activités.

"Chez HSBC, la culture était polluée de manière envahissante depuis longtemps", a déclaré le sénateur Carl Levin, qui préside la sous-commission permanente du Sénat sur les Enquêtes.

Ce rapport intervient au plus mauvais moment pour la banque, alors que le secteur est l'objet d'une vaste enquête portant sur la manipulation des taux interbancaires.

Barclays a accepté le mois dernier de verser 453 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques afin de mettre un terme aux poursuites dont elle faisait l'objet dans cette affaire.

Le rapport publié lundi s'appuie sur l'étude de 1,4 million de documents et l'audition de 75 responsables de HSBC et de l'autorité de régulation. Des dirigeants de HSBC et de l'OCC doivent témoigner ce mardi lors d'une audience au Sénat.

Ils devront notamment s'expliquer sur le fait que les abus constatés ont pu se poursuivre après l'adoption en 2010 par l'OCC de sanctions à l'encontre de HSBC.

Dans un communiqué, HSBC a déclaré que le rapport du Sénat contenait "d'importants enseignements pour l'ensemble du secteur afin de prévenir l'entrée d'acteurs illégaux dans le système financier mondial".

Le groupe ajoute avoir augmenté son budget consacré à assurer le respect de la réglementation et avoir amélioré la coordination de ses politiques de gestion des transactions à haut risque.

Le rapport critique aussi sévèrement l'OCC, lui reprochant de ne pas avoir suffisamment sévi contre HSBC alors que les signaux d'alerte se multipliaient, permettant ainsi au blanchiment d'argent de devenir "un problème massif".

Thomas Curry, qui dirige l'OCC depuis quatre mois, a déclaré dans un communiqué que le rapport contenait de nombreuses recommandations "que nous soutenons totalement".

LAXISME

Les auteurs du rapport reprochent entre autres à HSBC son incapacité à surveiller correctement des transactions en numéraire d'un montant global de 15 milliards de dollars (12,2 milliards d'euros) entre mi-2006 et mi-2009, ainsi que le manque d'effectifs de ses services chargés d'assurer la conformité de ses pratiques avec la réglementation en vigueur.

Selon eux, HSBC a ignoré certains risques dans le cadre de ses activités dans des pays comme le Mexique, un pays présenté comme "assiégé par le crime lié à la drogue, la violence et le blanchiment d'argent".

Sur la période 2007-2008, les activités mexicaines de HSBC ont ainsi transféré sept milliards de dollars vers les Etats-Unis et le rapport note que les autorités mexicaines et américaines ont alerté la banque sur les liens probables entre ces montants et le trafic de drogue.

Les sénateurs ont aussi étudié les relations commerciales entre HSBC et la banque saoudienne Al Rajhi Bank, qui entretient, selon le rapport, des liens avec des activités de financement de groupes terroristes.

Le rapport évoque aussi des liens entre une partie des sommes ayant transité par HSBC et l'Iran, ce qui pourrait constituer une violation des sanctions américaines à l'encontre de Téhéran et d'autres pays.

Pour dissimuler ces transactions, des filiales de HSBC ont utilisé la méthode dite du "stripping" permettant d'effacer des archives toute référence à l'Iran. Des filiales de HSBC ont aussi présenté certaines transactions comme de simples transferts entre différentes banques sans dévoiler les liens avec l'Iran.

Un cabinet d'audit indépendant a identifié pour la période 2001-2007 plus de 28.000 transactions susceptibles de constituer une violation des lois interdisant toute relation commerciale avec des pays visés par des sanctions. Sur ce total, 25.000 opérations concernaient l'Iran.

L'implication de HSBC tient essentiellement au fait que le groupe servait de relais à des acteurs de plus petite taille désireux d'accéder au système financier mondial, explique le rapport.

Dans un cas cité en exemple par les sénateurs, HSBC a poursuivi ses relations commerciales avec un client qui avait pourtant reconnu devant les autorités américaines qu'il ne respectait pas les règles en vigueur en matière de prévention du blanchiment d'argent.

Carrick Mollenkamp, Nicolas Delame et Marc Angrand pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic

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