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Europe : Ue et bce planchent sur une possible sortie de la grèce

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BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne et la Banque centrale européenne travaillent sur différents scénarios dans le cas où la Grèce devrait quitter la zone euro, a déclaré le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, dans un entretien publié vendredi.

Il s'agit de la première déclaration d'un haut responsable européen confirmant l'existence de tels plans d'urgence.

Les propos de Karel de Gucht ont cependant été démentis dans l'après-midi par Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

"Karl de Gucht est responsable du Commerce", a t-il déclaré dans un communiqué. "Je suis responsable des Affaires économiques et financières, ainsi que des relations avec la BCE. Nous ne sommes pas en train de travailler sur le scénario d'une sortie de la Grèce."

Un porte-parole de la CE a également affirmé que la sortie de la Grèce de la zone euro n'était pas envisagée. "(La) CE dément fermement étudier (un) scénario de sortie de la zone euro pour la Grèce", affirme Olivier Bailly sur Twitter.

Les spéculations sur l'élaboration et le contenu de tels projets sont nourries depuis deux semaines mais leur existence n'avait jusqu'à présent pas été évoquée par un haut responsable européen.

"Il y a un an et demi, un risque d'effet domino aurait pu exister", a dit Karel De Gucht au quotidien néerlandophone belge De Standaard.

"Mais aujourd'hui, il y a, à la fois au sein de la Banque centrale européenne et de la Commission européenne, des services qui travaillent sur des scénarios d'urgence dans le cas où la Grèce n'y arrive pas."

"Une sortie de la Grèce ne signifie pas la fin de l'euro, comme certains le prétendent", a ajouté Karel De Gucht.

Mercredi, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), avait déclaré que l'institution se préparait "techniquement" à une sortie de la Grèce de la zone euro.

Par ailleurs, une porte-parole du ministère allemand des Finances a reconnu que Berlin se préparait à toutes les éventualités.

"Depuis deux ans, nous avons fait tout ce qui est possible pour garder la Grèce dans la zone euro (...) Le gouvernement allemand a évidemment la responsabilité envers ses citoyens d'être prêt pour toute éventualité", a-t-elle souligné.

"GARDER SON SANG-FROID"

La crainte de voir la Grèce contrainte de quitter l'Union économique et monétaire sont vives depuis les élections législatives du 6 mai, qui ont vu la montée en puissance de partis politiques opposés aux mesures d'austérité induites par le plan d'aide international de 130 milliards d'euros défini par le FMI et l'Union européenne.

L'éventualité d'une sortie d'Athènes de l'euro a fait chuter la monnaie unique et les places boursières cette semaine.

Après l'échec de pourparlers en vue de former un gouvernement issu du scrutin du 6 mai, le président grec, Karolos Papoulias, a chargé mercredi le président du Conseil d'Etat, Panagiotis Pikrammenos, de former un gouvernement provisoire chargé de préparer les nouvelles élections législatives prévues le 17 juin.

La Coalition de la gauche radicale (Syriza), hostile aux mesures d'austérité exigées par les créanciers d'Athènes, arrive en tête des intentions de vote dans la plupart des sondages, augmentant ainsi la probabilité d'une sortie de la Grèce d'Athènes.

Mais, selon un sondage publié jeudi, les conservateurs grecs de Nouvelle démocratie, parti favorable à ces mesures d'austérité, ont repris l'avantage sur Syriza.

Karel De Gucht dit croire que la Grèce restera dans l'euro, tout en soulignant que la question cruciale, d'ici les prochaines élections, est de savoir quelles conditions la Banque centrale européenne (BCE) posera pour garantir la liquidité des banques grecques.

Mercredi, la BCE a dit avoir cessé de fournir des liquidités à certaines banques grecques en raison de leur sous-capitalisation.

"La dernière manche a commencé et je ne sais pas comment elle va se terminer. Le tout est de savoir si tout le monde peut conserver son sang froid au cours des semaines à venir", poursuit Karel De Gucht.

Ben Deighton, Benoît Van Overstraeten et Julien Dury pour le service français, édité par Marc Angrand et Jean-Loup Fiévet

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